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L'Afghanistan fait un pas en avant vers des pourparlers de paix

Des activistes afghans pour la paix célèbrent l'annonce d'une trêve entre les talibans, le gouvernement et les États-Unis le 21 février 2020.
Des activistes afghans pour la paix célèbrent l'annonce d'une trêve entre les talibans, le gouvernement et les États-Unis le 21 février 2020. JAVED TANVEER / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les talibans et les forces afghanes et internationales présentes en Afghanistan observent une période d'accalmie de sept jours depuis ce samedi 22 février à minuit. Si la baisse des violences est concluante, les États-Unis et talibans espèrent signer un accord le 29 février, ce qui constituerait un pas en avant en vue de pourparlers de paix.

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De notre correspondante régionale, Sonia Ghezali

Aucune attaque n’a été rapportée dans la capitale, ni dans les provinces mais il faut tout de même préciser que l’accord passé entre les Américains et les talibans porte sur une réduction des violences. Ce n’est pas un cessez-le-feu. Ce qui est vraisemblablement attendu est donc une diminution des combats dans les villes et les grands axes routiers de la part des talibans comme de la part des Américains et des autorités afghanes. Celles-ci ont d’ailleurs fait savoir dès vendredi qu’elles avaient donné des ordres dans ce sens aux forces armées du pays.

La population pleine d'espoir

La population afghane est la première à se réjouir. Il suffit de regarder sur les réseaux sociaux où les messages d’internautes plein d’espoir sont nombreux. Certains ont posté la nuit dernière des vidéos d’hommes dansant avec en commentaire : « Pas de raids aériens ce soir des Américains ».

D’autres rêvent de voyager à travers leur pays et de partir découvrir des contrées reculées d’Afghanistan comme le Nuristan, une province réputée pour la beauté incroyable de ses paysages mais inaccessible car pour y accéder, il faut traverser des zones contrôlées par les talibans.

Reste à voir maintenant ce que sera concrètement cette réduction des violences puisque les termes exacts de ce qui a été conclu entre Américains et talibans à ce sujet n’ont pas été dévoilés et on ne sait d’ailleurs pas s’ils ont vraiment été définis.

Une trêve à valeur de test

Cette sorte de trêve en tous cas a valeur de test. Les talibans observent si les Américains et le gouvernement afghan vont la respecter tandis que les Américains attendent de voir également si les talibans jouent le jeu,

Les Américains et talibans ont déjà annoncé la signature d’un accord le 29 février prochain. Ce sera la prochaine et dernière étape d’un long processus qui a été entamé par les Américains il y a plusieurs mois. Ce qui est en jeu et qui est en négociation à Doha depuis plus d’un an, c’est bien le retrait des troupes américaines d’Afghanistan car les insurgés refusent d’entamer des pourparlers de paix tant qu’il y a des troupes étrangères en Afghanistan.

De leur côté les Etats-Unis exigent certaines garanties, comme la réduction des violences, la garantie que le territoire afghan ne sera pas utilisé par des groupes terroristes contre d’autres pays. Une autre exigence est sur la table : des négociations intra-afghanes.

Les talibans refusent de reconnaître le gouvernement afghan

Ce point est très sensible. Les talibans refusent de reconnaître la légitimité du gouvernement de Kaboul. Pour eux Ashraf Ghani, le président, n’est qu’une marionnette aux mains des Américains. Pas questions pour eux de négocier avec lui ou son gouvernement. Cependant, l’un des chefs du mouvement religieux a affirmé qu’ils étaient prêts a discuter avec des partis politiques afghans.

Cette étape soulevé de nombreuses inquiétudes puisque la classe politique afghane est extrêmement divisée et désunie. Dernière illustration en date : il y a deux jours, le chef de l’exécutif Abdullah Adbullah, candidat malheureux de la présidentielle de septembre dernier, a annoncé qu’il rejetait les résultats de l’élection et qu’il formerait son propre gouvernement malgré la victoire officielle du président sortant et candidat Ashraf Ghani.

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