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Thaïlande: la jeunesse dans la rue après la dissolution du parti Nouvel avenir

La «nouvelle génération» dans la rue à Bangkok, le 26 février 2020.
La «nouvelle génération» dans la rue à Bangkok, le 26 février 2020. AFP/Lillian Suwanrumpha
Texte par : Carol Isoux
4 mn

Depuis quelques jours, des milliers d'étudiants thaïlandais se rassemblent dans les lieux publics et leurs universités. Ils protestent contre la dissolution d'un parti politique d'opposition.

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De notre correspondante à Bangkok,

Le 21 février 2020, la Cour constitutionnelle thaïlandaise s’est prononcée en faveur de la dissolution du parti Nouvel Avenir, répondant à une demande de la Commission électorale. Le parti avait créé la surprise aux élections législatives de mars 2019 en arrivant troisième, remportant plus de 80 sièges au Parlement. Ses représentants étaient de parfaits inconnus du grand public quelques semaines avant les élections.

Leur succès avait été bâti sur un ton très dur envers les militaires, qui s’immiscent dans la vie politique thaïlandaise. Ils avaient aussi promis un changement de Constitution pour réduire leur influence. Séduite, la jeunesse les avait plébiscités. Mais rapidement, ils étaient devenus l’ennemi public numéro un.

Aujourd'hui, une trentaine de procès sont intentés aux responsables du parti, notamment pour sédition. Ils sont accusés de tous les maux et surtout de ne pas être assez loyaux à l'égard de la monarchie constitutionnelle. Ce qui amène les observateurs à considérer cette dissolution comme un acte politique, même si officiellement, la raison est autre.

La Cour a fondé son verdict sur un prêt de 5 millions d’euros accordé par Thanathorn Juangroongruangkit, le dirigeant de Nouvel Avenir, à son propre parti pendant la campagne. Un prêt qui contrevenait, a -t-elle estimé, aux lois sur le financement des partis politiques.

Une jeunesse différente des « chemises rouges »

Cela faisait longtemps que la jeunesse ne s’était pas autant mobilisée en Thaïlande. Cette mobilisation annonce-t-elle de nouveaux épisodes de violence de rue, comme le pays en a connu dans son histoire récente ? C'est peu probable, selon les observateurs. Ces jeunes Thaïlandais de la « nouvelle génération », comme ils aiment s’appeler eux-mêmes, sont issus de milieux urbains, plutôt privilégiés. Sans commune mesure avec les paysans « chemises rouges » qui avaient occupé les rues de la capitale pendant des mois lors des derniers conflits sociaux. Ils protestaient non seulement contre l’absence de démocratie, mais aussi contre les conditions de vie très difficiles dans les campagnes.

Les jeunes actuellement dans la rue sont, quant à eux, souvent des enfants des partisans de l’ancienne junte militaire au pouvoir, alors que le conflit d’aujourd’hui est plus générationnel que social. Avant ces manifestations, cette nouvelle génération passait pour incapable de quitter son écran et de manifester ailleurs que sur Twitter. Pourtant, cette même jeunesse décriée se retrouve aujourd’hui dans la rue.

► À lire aussi : la Cour constitutionnelle dissout le parti d'opposition Nouvel avenir

Avenir politique flou

Maintenant que le parti est dissous, que ses dirigeants sont interdits de toute activité politique pour les dix prochaines années, six millions d’électeurs s'interrogent sur leur avenir politique. Thanathorn leur demandent de rester mobilisés. Même si le parti est dissous, il compte lancer un grand mouvement social pour changer le pays grâce à la société civile. Mais pour l’instant, le projet reste flou. Une dizaine de députés a déjà fait défection pour aller rejoindre les rangs d’un autre parti politique.

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