Les talibans mettent fin à la trêve partielle avec Kaboul

Des talibans et villageois de la province de Laghman célèbrent l'accord de paix de Doha, le 2 mars 2020.
Des talibans et villageois de la province de Laghman célèbrent l'accord de paix de Doha, le 2 mars 2020. NOORULLAH SHIRZADA / AFP

Deux jours après avoir signé un accord historique à Doha, les talibans annoncent ce lundi 2 mars mettre fin à la trêve partielle en Afghanistan. Ils justifient leur décision par le refus du président afghan de libérer 5 000 prisonniers talibans.

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Les talibans ont annoncé lundi mettre un terme à la trêve partielle instaurée le 22 février et reprendre leur offensive contre les forces de sécurité afghanes. Cette annonce intervient deux jours après la signature de l’accord de paix de Doha avec les États-Unis, rappelle notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali. Les talibans précisent qu'ils ne s’attaqueront pas aux forces étrangères, conformément à l’accord.

Cette annonce intervient au lendemain du refus du président Ashraf Ghani de libérer 5 000 prisonniers talibans, un engagement pourtant stipulé dans l’accord de Doha. Cela doit être discuté dans le cadre des négociations inter-afghanes, a expliqué le chef de l’État afghan. Les talibans ne l’entendent pas de cette oreille : il n’y aura pas de dialogue inter-afghan sans la libération préalable de ces détenus, préviennent-ils.

Le bras de fer entre les autorités afghanes et les talibans a commencé avant le début des négociations prévues le 10 mars prochain à Oslo en Norvège. Les autorités afghanes ont toujours été exclues des pourparlers de Doha. Les talibans ne reconnaissent pas la légitimité du gouvernement de Kaboul.

Concomitamment à l'annonce des talibans, un attentat à la moto piégée durant un match de football a fait au moins trois morts et onze blessés civils, a déclaré à l'AFP le chef de la police de la province de Khost (est). L'attaque n'a pas été immédiatement revendiquée. Elle survient après neuf jours de trêve partielle qui avait vu le nombre d'attentats s'effondrer dans le pays, à la grande satisfaction de la population qui avait pu enfin respirer après 40 années de conflit.

Après cet attaque, Washington a dit ne pas s'attendre à un arrêt total et immédiat des violences en Afghanistan malgré l'accord de paix. « Cela va être une route longue, sinueuse, cahoteuse », a déclaré le chef d'état-major du Pentagone, le général Mark Milley. « Il y aura des hauts et des bas, des pauses et de nouveaux départs ».

Les États-Unis, pressés de partir, ont cédé à à peu près toutes les demandes des talibans (...) La précipitation américaine fait que ce qui est en train de s'ouvrir, c'est une nouvelle phase de la guerre civile en Afghanistan.

Gilles Dorronsoro

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