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Coronavirus: en Chine, la colère des Africains victimes de discrimination

Un communiqué de la municipalité de Canton datant du 7 avril indiquait que 5 Nigérians qui avaient été testés positifs s’étaient rendus dans plusieurs restaurants et hôtels de la ville (image d'illustration).
Un communiqué de la municipalité de Canton datant du 7 avril indiquait que 5 Nigérians qui avaient été testés positifs s’étaient rendus dans plusieurs restaurants et hôtels de la ville (image d'illustration). cnsphoto via REUTERS

Refoulés des hôtels, mis à la porte de leur logement, nombre d'Africains disent avoir été victimes de discrimination et d’arrestation abusives ces derniers jours à Canton dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Des incidents qui ont entrainé de vives réactions de la part des diplomaties africaines. Ce samedi, le département d’État aux États-Unis conseille aux Afro-Américains d’éviter la ville.

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De notre correspondant à Pékin,

« Rendez-nous immédiatement ces passeports. » L’altercation entre un diplomate nigérian et les combinaisons blanches de la lutte contre la pneumonie virale à Canton est à l’image de l’agacement, pour ne pas dire de la colère ressentie dans de nombreuses capitales africaines.

Convocations des ambassadeurs chinois à Lagos et à Accra ou encore à l'UA, appel au secours de la communauté kényane en Une du Daily Nation à Nairobi ce samedi, et cet appel du consulat des États-Unis déconseillant aux Afro-Américains de venir dans la plus africaine des villes chinoises.

Les images de ces Africains, pour la plupart des hommes d’affaires contraints de dormir dans les rues du quartier de Yuexiu et de Baiyun à Canton, ont vite remplacé celles de la diplomatie sanitaire chinoise en Afrique. Avalanches de commentaires sur twitter : « Nous ne voulons plus de vos masques si nos ressortissants sont victimes de racisme en Chine », « nous sommes traités comme le virus » ou encore « n’utilisez pas la communauté africaine comme bouc émissaire ».

Moussa Faki Mahamat, président de la Commision de la l'Union africaine a lui aussi convoqué l'ambassadeur chinois à l'UA.

« Mon bureau a invité l'ambassadeur de Chine auprès de l'UA, M. Liu Yuxi, pour exprimer notre extrême préoccupation face aux allégations de mauvais traitements infligés aux Africains à Guangzhou et a appelé à des mesures correctives immédiates », a indiqué Moussa Faki Mahamat sur son compte Twitter.

Ces expulsions de logement ou des hôtels font suite à un communiqué de la municipalité indiquant que cinq Nigérians avaient été testés positifs et s’étaient rendus dans plusieurs restaurants et hôtels de la ville sans respecter leur quatorzaine, conduisant les autorités sanitaires à retrouver et tester 2 000 personnes potentiellement à leur contact.

Les braises de la suspicion et la peur de l’étranger étant déjà entretenues par les craintes des autorités, largement relayées par les médias d’État, d’un rebond du coronavirus en Chine liés aux cas importés. Pékin ce vendredi a annoncé 10 ans de bannissement du sol chinois pour les étrangers ne respectant pas leur quarantaine, de nombreux abus de langages et dessins racistes ont fleuri sur les réseaux sociaux.

Des débordements déjà constatés en début d’année, lorsque Pékin a proposé une modification de la loi sur la résidence permanente pour les immigrés. Les différents témoignages rapportent le cas de propriétaire coupant l’électricité pour déloger les locataires, de campagne de dépistage massive du Covid-19 et à des mises en quarantaine visant la communauté africaine, dont une partie n’ont pas quitté le pays ces derniers mois.

D’autres moins nombreux rapportent les gestes de solidarité de résidents locaux, parfois d’autres communautés étrangères venus les soutenir en leur donnant des vêtements et des vivres. « Depuis le début de l'épidémie, la Chine et les pays africains se sont toujours soutenus mutuellement et ont toujours combattu conjointement le coronavirus », a fait savoir Zhao Lijian lors de son point de presse quotidien jeudi après-midi. « Le gouvernement chinois traite tous les étrangers en Chine de la même manière, a insisté le porte-parole de la diplomatie chinoise, (…) et n'a aucune tolérance pour les mots et les gestes discriminatoires. »

Le même jour, la ville de Canton signalait 114 cas de contaminations importés, dont une grande majorité de Chinois de la diaspora et 16 Africains.

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