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Cambodge: une timide célébration du nouvel an bouddhiste à cause du coronavirus

Les Cambodgiens viennent prier dans cette pagode à Phnom Penh pour célébrer le nouvel an bouddhiste, le 14 avril 2020.
Les Cambodgiens viennent prier dans cette pagode à Phnom Penh pour célébrer le nouvel an bouddhiste, le 14 avril 2020. TANG CHHIN Sothy / AFP
Texte par : Juliette Buchez
4 mn

Les bouddhistes fêtaient lundi 13 avril l'entrée dans la nouvelle année de leur calendrier. Ce fut le cas dans de nombreux pays comme le Cambodge, la Thaïlande, la Birmanie, le Laos et chez quelques communautés en Chine ou au Sri Lanka. Au Cambodge, il s’agit de l’une des principales fêtes autour de laquelle les familles se retrouvent.

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De notre correspondante à Phnom Penh

Soursdey chnam thmey ! (Bonne année). Avec 122 cas de Covid-19 déclarés au Cambodge, le pays a célébré plutôt calmement l’entrée dans la nouvelle année bouddhiste même en l’absence de confinement. Les écoles et de nombreux types d’établissements sont fermés par décret en raison du Covid-19. La capitale, déjà plutôt silencieuse, l’est donc restée. Il faut s’imaginer qu’en temps normal Phnom Penh se transforme en vraie ville fantôme pendant les fêtes du Nouvel an.

Cette année pourtant, il y avait presque plus de commerces ouverts qu’à l’habitude et un peu plus de gens dans les rues, pour beaucoup se contentant de s’attabler devant chez eux avec quelques proches.

Déplacements interdits

Vers 20h30, ce fut l’entrée dans l’année bouddhiste 2564. On a entendu résonner quelques prières et un peu de musique diffusée à la télévision, la radio ou sur les réseaux sociaux. Mais cela n’a pas duré très longtemps. On était bien loin de l’ambiance festive des campagnes où se retrouvent normalement les familles.

Davantage de gens sont restés chez eux. Notamment parce que le gouvernement a interdit les déplacements entre provinces pour le nouvel an. Habituellement des centaines de milliers de Cambodgiens prennent la route. Des barrages et des contrôles ont donc été mis en place aux frontières provinciales vendredi dernier pour une semaine. Seules les marchandises et les travailleurs munis de justificatifs peuvent passer, en théorie du moins.

La mesure a eu un effet dissuasif et les routes sont restées clairsemées. Mais ici et là, on a quand même vu des gens arriver à passer les contrôles et quelques embouteillages, surtout à l’annonce de cette mesure exceptionnelle mise en place en 7 heures à peine. Il y avait aussi beaucoup d’activités dans la soirée de lundi 13 avril, avant le décompte.

Ralentissement de l’économie

Pour autant de nombreux Cambodgiens semblent avoir respecté les recommandations du gouvernement. Comme dans les pays voisins d’abord, le gouvernement a invité les Cambodgiens à se retrouver en petit comité, sans quitter leur lieu de résidence et en évitant les rassemblements à la pagode où ont lieu certaines des principales célébrations.

Les grandes festivités, celles qui attirent des milliers de personnes, ont été annulées bien à l’avance. Surtout, parmi les mesures les plus significatives, les 5 jours de congé habituels ont été officiellement annulés avec la promesse de les reporter à plus tard. De nombreuses personnes sont donc allées travailler lundi 13 avril. Dans les usines textiles notamment, un secteur qui emploie près de 850 000 personnes. Mais comme ailleurs, le Cambodge subit un fort ralentissement de l’économie. Plus de 100 usines textiles ont fermé leur porte et de nombreux commerces, même autorisés à ouvrir, ont suspendu leur activité faute de clients.

Difficile donc de dissuader les personnes sans activité ou sans revenu de rejoindre leur famille et certains l’ont fait bien avant les célébrations du Nouvel an.

Le pays peu touché, mais prudent face au coronavirus

Alors qu’il y a peu de cas de Covid-19 au Cambodge, cette fête du Nouvel an inquiète quand même les autorités. Si 122 cas de Covid-19 sont déclarés et qu’il n’y a officiellement eu aucun décès, beaucoup restent prudents et inquiets à l’idée de cas non dépistés.

De nombreux travailleurs précaires souffrent déjà de la situation économique et la moindre contamination communautaire, notamment dans les usines textiles, pourrait déstabiliser le fragile équilibre économique et social du pays en développement.

Des inquiétudes qui justifient pour le gouvernement la promulgation d’une loi sur l’état d’urgence qui n’existait pas jusqu’ici. Un projet de loi critiqué par certains défenseurs des droits humains. Beaucoup prédisent qu’elle devrait être ratifiée à l’issue du nouvel an khmer justement.

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