Le Bangladesh débarque des réfugiés Rohingyas dans une île dangereuse du Golfe du Bengale

L'île de Bhashan Char, ici en octobre 2018.
L'île de Bhashan Char, ici en octobre 2018. AFP / POLASH SHIKDER

Ils sont peut-être infectés par le coronavirus. C’est de cette manière que le Bangladesh a expliqué son geste de débarquer vingt-huit réfugiés Rohingyas sur une île du Golfe du Bengale. Mais l’îlot est sujet aux cyclones et aux inondations.

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« Il est fort probable qu'ils y resteront jusqu'à leur retour en Birmanie », a affirmé ce dimanche le ministre des Affaires étrangères bangladais à l’annonce du transfert de 28 réfugiés, dont quinze femmes et cinq enfants, sur l’île de Bhashan Shar. Depuis l’an dernier, Dacca pense y installer une partie des centaines de milliers de Rohingyas réfugiés sur son territoire après s’être enfuis de la Birmanie.

250 autres qui ont eux aussi débarqué sur la côte à bord de canots pneumatiques n’ont pas été retrouvés. Tous faisaient partie des500 réfugiés bloqués sur deux bateaux en merdepuis plusieurs semaines, la Birmanie comme la Malaisie refusant de les accueillir.

Des réfugiés en « grand danger »

Cette suspicion d’infection au coronavirus donne pour la première fois au Bangladesh l’occasion de transférer des réfugiés à Bhashan Shar. Car si l’an dernier Dacca y a fait construire de quoi loger 100 000 personnes, pour réduire la pression sur ses camps frontaliers de la Birmanie, la proposition est loin d’être populaire parmi les Rohingyas : l’île de Bhashan Shar est faite de vase et subit cyclones et inondations.

Human Rights Watch a d’ailleurs estimé que le débarquement de ce week-end va mettre les réfugiés « en plus grand danger après les souffrances déjà endurées ». De son côté, le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU affirme qu'il faut procéder à des évaluations complètes avant de déplacer qui que ce soit sur l'île. Il précise que, si une quarantaine est nécessaire, toutes les mesures sont déjà en place dans les camps habituels de Cox’s Bazar.

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