Tsai Ing-wen ne veut pas «déclasser» Taïwan et souhaite le dialogue avec Pékin

Tsai Ing-wen (notre photo), réélue en janvier 2020, est la bête noire de la Chine continentale, car elle considère que son île est un État souverain.
Tsai Ing-wen (notre photo), réélue en janvier 2020, est la bête noire de la Chine continentale, car elle considère que son île est un État souverain. REUTERS/Ann Wang
Texte par : RFI Suivre
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Pékin doit se résoudre à vivre pacifiquement aux côtés de Taïwan qui n'acceptera jamais une domination chinoise, a estimé, ce mercredi 20 mai, la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen lors de son investiture pour un second mandat.

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La Chine « ne tolérera jamais » une sécession de Taïwan, a déclaré Pékin, mercredi  20 mai, après l'investiture de Tsai Ing-wen. « Nous avons une détermination sans faille, une confiance totale et toutes les capacités de défendre la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale », a averti le porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises, Ma Xiaoguang, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

Le pouvoir central chinois défend l'idée pour Taïwan du modèle « Un pays, deux systèmes », comme celui en vigueur à Hong Kong, en vertu duquel l'île conserverait ses libertés tout en se soumettant à Pékin. Une solution écartée par Tsai Ing-wen, la présidente de 63 ans, ce mercredi 20 mai, lors de son investiture pour un deuxième mandat. « Nous n'accepterons pas l'utilisation par les autorités chinoises du "Un pays, deux systèmes" pour déclasser Taïwan et miner le statu quo entre les deux rives du détroit », a-t-elle dit.

Offre de dialogue

La dirigeante a réitéré son offre de dialogue avec Pékin et invité le président chinois Xi Jinping à travailler avec elle pour réduire les tensions. « Les deux côtés ont le devoir de trouver un moyen de coexister sur le long terme et d'empêcher que l'antagonisme et les divergences ne s'aggravent », a-t-elle ajouté.

Le discours de Tsai Ing-Wen s'inscrit dans un moment où Taïwan a une visibilité sans précédent sur la scène internationale.

Antoine Bondaz, chercheur auprès de la Fondation pour la Recherche Stratégique

Tsai Ing-wen, réélue en janvier 2020, est la bête noire de la Chine continentale, car elle considère que son île est un État souverain de facto, et qu'elle rejette fermement la vision chinoise d'une « Chine unique ». Depuis son élection en 2016, la Chine a exclu toute offre de négociation avec Taïwan et intensifié les pressions économiques, militaires et diplomatiques contre une île qu'elle voit toujours comme une province rebelle appelée à revenir dans le giron de la mère patrie, par la force si nécessaire.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a adressé un message à la dirigeante taïwanaise, saluant son « courage » et sa « vision ». Une initiative qui a fortement déplu au ministère chinois de la Défense, Pékin étant fermement opposé à tout contact formel entre un pays étranger et les autorités taïwanaises – ce qu'il considère comme un soutien au séparatisme. Il a dénoncé dans un communiqué une « grave erreur » et une initiative « très dangereuse », appelant Washington à respecter son engagement de ne pas soutenir Taïwan.

Émergence d'une identité taïwanaise

Taïwan fut, à la fin de la guerre civile chinoise en 1949, le refuge des nationalistes du Kuomintang emmenés par Tchang Kaï-chek et défaits par les communistes, et la base de la « République de Chine », qui se voulait la continuité légitime de la première république chinoise proclamée en 1912 à Nankin. Au fil des décennies, notamment après la levée de l'état d'urgence sur l'île dans les années 1990, une identité taïwanaise distincte est apparue, et beaucoup de Taïwanais ne souhaitent plus de réunification avec Pékin. Une évolution qui inquiète Pékin, qui voit comme une ligne rouge toute déclaration formelle d'indépendance.

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Une gestion très efficace de l'épidémie de coronavirus

Par ailleurs, le gouvernement taïwanais a suscité l'admiration de nombreuses capitales pour sa gestion très efficace de l'épidémie de coronavirus. L'île, pourtant très proche du foyer chinois de la pandémie, totalise 400 cas et sept décès. « Le nom de Taïwan a fait les gros titres dans le monde entier, grâce à l'endiguement efficace de l'épidémie », s'est félicitée Mme Tsai. Par mesure de précaution sanitaire, les partisans de la présidente avaient été priés de ne pas venir à la cérémonie d'investiture. Et les invités étaient placés sur des chaises séparées de 1,5 mètre.

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(Avec AFP)

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