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Pour les États-Unis, «Hong Kong n’est plus autonome» de la Chine

Des manifestants anti-Pékin sont détenus par la police lors d'un rassemblement à Causeway Bay, à Hong Kong, le 27 mai 2020.
Des manifestants anti-Pékin sont détenus par la police lors d'un rassemblement à Causeway Bay, à Hong Kong, le 27 mai 2020. REUTERS/Tyrone Siu
Texte par : RFI Suivre
4 min

Pour le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, « Hong Kong n'est plus autonome » et pourrait donc perdre son statut commercial préférentiel. Sa déclaration intervient alors que l'Assemblée nationale populaire en Chine a adopté ce jeudi 28 mai un texte sur l'implantation de la loi sur la sécurité nationale chinoise dans la région administrative spéciale.

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Avec notre correspondant régional,  Stéphane Lagarde

Avec le décalage horaire, les mots de Mike Pompeo sont arrivés tard dans la nuit en Asie, déclenchant immédiatement une vague de « Thank you » ou « Merci de soutenir Hong Kong » sur les réseaux sociaux hong-kongais.

De quoi relancer la motivation des militants pro-démocrates assommés mercredi 27 mai par les interpellations massives conduites par les forces de l'ordre au cœur des manifestations : 360 personnes emmenées par la police, soit deux fois plus que dimanche 24.

Les images de ces arrestations tournent également en boucle sur les réseaux sociaux du continent, et notamment sur les comptes des médias d'État qui évoquent des « rassemblements illégaux » et la présence « d'armes létales » dans les cortèges.

La perte d'autonomie liée au statut de Hong Kong ne fait aucun doute pour ceux qui contestent la mainmise de l'État chinois et évoquent une loi martiale de facto imposée dans la région administrative spéciale compte tenu de la mobilisation policière.

Mais pour les dirigeants chinois, la loi sur la sécurité nationale votée par les délégués du Parti communiste chinois jeudi 28 mai est une « affaire interne » à la Chine. Pékin menace ainsi de riposter si Donald Trump annonçait des sanctions.

Washington et Pékin s’écharpent autour d’une réunion du Conseil de sécurité

Washington a d’ailleurs demandé mercredi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur la loi sécuritaire à Hong Kong, mais la Chine « a refusé » qu'elle « se tienne », selon la mission américaine.

En vertu des nouvelles procédures dues à la pandémie de Covid-19, toutes les visioconférences du Conseil de sécurité sont organisées sur la base d'un consensus entre ses quinze membres. En temps ordinaire, chaque membre du Conseil peut s'opposer à une réunion s'il recueille neuf voix sur quinze lors d'un vote de procédure.

Dans un tweet mercredi soir, l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, a qualifié la demande de réunion par les États-Unis comme étant « sans fondement ».


► Adoption de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong

Le Parlement chinois a approuvé sans surprise à une écrasante majorité ce jeudi le projet de loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Un vote intervenu en clôture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire, qui a relancé la contestation à Hong Kong.

2 878 voix pour, 1 contre, 6 abstentions et des délégués debout quasi comme un seul homme dans le grand Palais du peuple pour applaudir le vote de ce texte considéré comme un enjeu national par les médias d'État, mais critiqué à l'étranger notamment à Washington et Bruxelles.

Pour les militants pro-démocraties à Hong Kong, la loi marquerait en effet le début de la fin de l’autonomie de la région administrative spéciale chinoise, offrant au régime communiste un bras armé dans l'ancienne colonie britannique face à celles et ceux que le pouvoir chinois qualifie de « sécessionnistes », de « terroristes » ou de « danger » pour l'intégrité du pays.

Pour les députés pro-Pékin ce serait au contraire un moyen de relancer l'économie du territoire semi-autonome. Suite au vote de ce jeudi, le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire (ANP) va pouvoir se lancer dans la rédaction du texte qui sera incorporé dans la mini-Constitution de Hong Kong.

Selon le Ming Pao, les choses pourraient aller très vite. Le quotidien hong-kongais note que le comité permanent de l'ANP se réunit tous les deux mois, le texte pourrait ainsi entrer en application dès août prochain. Une procédure express sans passer par le conseil législatif local (Legco) qui, depuis des années, se heurte, dans la rue comme dans les urnes, à une grande partie de l'opinion hong-kongaise hostile au renforcement du pouvoir de Pékin. Les prochaines élections des membres du Legco à Hon Kong sont prévues pour septembre.
S.L

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