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Hong Kong: après les États-Unis, le Royaume-Uni met la pression sur la Chine

Des manifestants pro-démocratie arrêtés par la police à Hong Kong, le 27 mai 2020.
Des manifestants pro-démocratie arrêtés par la police à Hong Kong, le 27 mai 2020. REUTERS/Tyrone Siu
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le ton monte entre les États-Unis et la Chine au sujet de l’application de la loi sur la  sécurité nationale à Hong Kong. Pékin se dit prêt à prendre toutes les mesures de rétorsion nécessaires si Washington continue à interférer dans les affaires hong-kongaises. Désormais, c’est le Royaume-Uni qui fait pression sur Pékin. Londres pourrait accorder la nationalité britannique à 300 000 ressortissants de Hong Kong si la Chine ne revient pas sur son projet.

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La mesure concernerait les personnes qui détiennent déjà un passeport britannique d’outre-mer, document qui leur permet de séjourner au Royaume-Uni six mois sans visa. Faire passer de 6 mois à 12 mois renouvelables le droit de séjour et de travail au Royaume-Uni permettrait ainsi à de nombreux Hong-Kongais d’obtenir la nationalité britannique, a expliqué le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab. Pékin ne manquera pas de dénoncer cette menace comme une ingérence dans ses affaires. Mais à Londres, certains députés veulent même aller plus loin en proposant d’accorder automatiquement la citoyenneté britannique aux détenteurs d’un passeport national d’outre-mer.

Pétition

Pour les 300 000 personnes concernées et notamment les militants pro-démocratie, la citoyenneté britannique peut être un filet de sécurité contre la répression politique. La mesure est en tout cas très attendue par certains. En septembre dernier, ils avaient manifesté devant le consulat britannique et une pétition pour obtenir la révision du statut du fameux passeport avait recueilli 100 000 signatures

Le Royaume Uni avait délivré ce passeport national d’outre-mer avant la rétrocession du territoire à la Chine. Depuis, Londres avait toujours refusé d’accorder la pleine citoyenneté à ces détenteurs hong-kongais.


► REPORTAGE : le désarroi et la crainte d’un État policier

La décision validée jeudi 28 mai au Parlement chinois d’imposer une loi de sécurité nationale à Hong Kong a assommé les jeunes et le mouvement de protestation, qui se posent des questions quant à la suite à donner à la mobilisation. Ils craignent la mise en place d’un État policier et se demandent à quoi bon résister, alors que la police est de plus en plus puissante et multiplie les arrestations, en particulier des jeunes.

Avec notre correspondante à Hong KongFlorence de Changy

Selon un vaste sondage mené par l’organisation du mouvement après l’annonce du projet de loi de sécurité nationale, 79% des participants ont estimé ressentir de la colère et 62% de la peur.

Jason a 29 ans et, il y a un an, il avait quitté son emploi pour participer à plein temps au mouvement de mobilisation, car il jugeait la situation très grave. Aujourd’hui, il est sonné. Il souffre d’insomnie et d’une grave dépression : « Il y a un an, j’étais très déprimé, j’avais peu d’espoir. Mais maintenant, c’est encore pire ! Si vous voyiez ce que disent mes amis sur Facebook, tout le monde dit qu’on est en train de mourir, on est tous foutus, on est tous foutus ! »

Une solution qu’ils sont de plus en plus nombreux à contempler est l’émigration. Comme Tom, ancien policier, aujourd’hui agent immobilier : « Pas seulement mes collègues, mais mes clients aussi se mettent à parler d’émigrer, en particulier vers le Royaume-Uni. Mais en fait, ils n’ont aucun plan précis. Moi aussi, j’aimerais bien partir, mais il me faudrait de l’argent ! »

Les plus jeunes, eux, sont tentés par l’idée de l’indépendance. Mais pour l’ancien policier Tom, ils n’ont pas compris que les idées ne suffisent pas à faire la révolution.

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