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Hong Kong sur la table du Conseil de sécurité après l’adoption d’une loi à Pékin

Des policiers hong-kongais tentent de contenir des manifestants pro-démocratie, à Hong Kong le 27 mai.
Des policiers hong-kongais tentent de contenir des manifestants pro-démocratie, à Hong Kong le 27 mai. ISAAC LAWRENCE / AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU discutera du sort de Hong Kong vendredi 29 mai au matin, avec une réunion d'urgence convoquée à la demande des États-Unis et du Royaume-Uni après l'adoption de la loi sur la sécurité par le Parlement chinois jeudi 28 mai. La communauté internationale accuse Pékin de vouloir restreindre encore un peu plus les libertés fondamentales sur l’ancienne colonie britannique.

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C'est le monde anglophone qui lance l’avertissement : l’Australie, le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni accusent d'une seule voix la Chine de violer ses obligations internationales.

« La décision de la Chine d’imposer la nouvelle loi », écrivent-ils dans un communiqué commun, c'est ne pas respecter « la déclaration conjointe signée par la Chine et le Royaume-Uni, légalement contraignante et enregistrée auprès de l'ONU » au milieu des années 1980. Cet accord prévoyait la sanctuarisation de l'autonomie de Hong Kong jusqu'en 2047.

Or, insistent les diplomates occidentaux, la législation votée à Pékin « limiterait les libertés de la population de Hong Kong et éroderait ainsi de manière dramatique son autonomie » en ouvrant la voie à des « poursuites pour raisons politiques », ajoutent les quatre pays.

Les signataires font part de leur profonde inquiétude et demandent aux autorités chinoises de travailler avec le peuple de Hong Kong pour trouver une solution acceptable pour les deux parties.

Réunion informelle qui ne peut être bloquée par Pékin

Le sujet sera abordé lors d'une visioconférence informelle et à huis clos sous un format permettant à tout membre d'aborder des questions diverses. Ainsi, la Chine ne peut pas en principe s'y opposer, selon des sources diplomatiques de l’AFP. Face à la pandémie de Covid-19, l’ONU a adopté de nouvelles méthodes pour les visioconférences. Désormais, les membres du Conseil de sécurité doivent s’accorder unanimement sur la tenue d’une réunion formelle.

Pékin s'était opposé, mercredi 27 mai, à une réunion formelle du Conseil de sécurité voulue en urgence par Washington sur le même sujet, affirmant que Hong Kong relevait des « affaires internes » de la Chine.

Cité par l'agence de presse officielle chinoise Xinhua, un porte-parole de la représentation du gouvernement de Pékin à Hong Kong a appelé jeudi les militants pro-démocratie à « ne pas jouer avec le feu ».

La menace de sanctions de Washington est « barbare », pour Pékin

Donald Trump a par ailleurs annoncé, pour le même jour que la réunion onusienne, une conférence de presse où il doit annoncer « ce que nous allons faire vis-à-vis de la Chine », sans autre précision. Son chef de la diplomatie, Mike Pompeo, avait affirmé mercredi 27 mai que « Hong Kong n’est plus autonome » de la Chine.

Concrètement, Washington peut désormais mettre fin au statut commercial préférentiel accordé à l'ex-colonie britannique.

La menace américaine a été qualifiée de « barbare », jeudi 28 mai, par la représentation à Hong Kong du ministère chinois des Affaires étrangères.

Priorité de Pékin après les manifestations

Malgré la menace de sanctions américaines, les près de 3 000 députés de l'Assemblée nationale populaire (ANP) chinoise ont adopté sans surprise, jeudi 28 mai, la disposition controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong. Prise en réaction aux manifestations de 2019 dans l'ex-colonie britannique, la mesure a déjà provoqué un regain d'agitation dans la région autonome du sud de la Chine.

Seul un député a voté contre et six se sont abstenus. Le vote a été salué par de longs applaudissements dans le cadre solennel du Palais du peuple à Pékin, en présence du président Xi Jinping. La Chine a fait de cette loi une priorité après les manifestations monstres de 2019 contre le pouvoir central, qui avaient donné lieu à des violences et alimenté un sentiment indépendantiste.

Les opposants démocrates à l'influence de Pékin dans le territoire affirment que la mesure ouvre la voie à une régression sans précédent des libertés dans la métropole financière de sept millions d'habitants.

« C'est la fin de Hong Kong », a résumé pour l'AFP Claudia Mo, députée pro-démocratie au Conseil législatif hong-kongais. « À partir de maintenant, Hong Kong sera une ville chinoise comme les autres ». Joshua Wong, une des figures de l'opposition, a estimé que la future loi allait « tuer les mouvements démocratiques » dans le territoire autonome.

À lire aussi : Loi sur la sécurité nationale: «Le pouvoir chinois va créer de l’instabilité à Hong Kong»

Feu vert dès août pour contourner le législatif local

Dans le camp pro-Pékin en revanche, la cheffe de l'exécutif hong-kongais Carrie Lam a salué le vote du Parlement chinois. Comme demandé par le projet de loi, elle a promis « de renforcer l'application de la loi et l'éducation afin de défendre la sécurité nationale ».

La disposition donne désormais mandat au Comité permanent de l'ANP pour rédiger un projet de loi qui sera incorporé dans la mini-Constitution de Hong Kong, contournant le Conseil législatif local. Ce comité pourrait se saisir du texte dès juin et adopter le projet fin août, selon le site NPC Observer, spécialiste des arcanes législatifs chinois.

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