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Un opposant thaïlandais enlevé au Cambodge, selon Human Rights Watch

Une vue de Phnom Penh, au Cambodge (photo d'illustration).
Une vue de Phnom Penh, au Cambodge (photo d'illustration). Getty images/Andrew TB Tan
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Au Cambodge, un militant pro-démocratie thaïlandais en exil aurait été enlevé le 4 juin dans la capitale Phnom Penh, selon plusieurs sources citées par des défenseurs des droits humains. Si l’enlèvement est avéré, il ne s’agirait pas de la première disparition d’opposant politique ou d’activiste en Asie du Sud-Est.

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Wanchalearm Satsaksit se trouvait à proximité de son domicile à Phnom Penh quand un groupe d’hommes armés l’aurait contraint à monter dans un véhicule jeudi 4 juin au soir, rapporte notre correspondante à Phnom Penh,Juliette Buchez.

Le militant pro-démocratie a fui la Thaïlande en 2014, à la suite du dernier coup d’État militaire mené par l’actuel Premier ministre Prayut Chan-o-Cha. Visé par un mandat d’arrêt thaïlandais depuis juin 2018, Wanchalearm Satsaksit continuait de critiquer son gouvernement avec véhémence depuis le Cambodge.

Une enquête réclamée

Dans un communiqué appuyé par plusieurs témoignages, l’organisation Human Rights Watch se dit très inquiète pour l’activiste pro-démocratie et demande l’ouverture d’une enquête au plus vite. Près d’une centaine de manifestants s’est rassemblée à Bangkok après l’annonce de cet enlèvement. Mais les autorités cambodgiennes ne semblent pourtant pas disposées à enquêter.

Un porte-parole de la police cambodgienne a déclaré à l'agence Reuters ne pas avoir connaissance de l’arrestation ou de la détention de l’activiste thaïlandais et ajoute que la police n’aurait pas assez d’information pour ouvrir une enquête. Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Intérieur cambodgien évoque même la possibilité d’une « fake news ».

L’enlèvement ne serait pourtant pas la première disparition suspecte ces dernières années dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est. Selon les organisations de défense des droits humains, huit activistes thaïlandais auraient ainsi disparu depuis 2014, dont deux retrouvés morts en janvier dernier.

« Il y a eu des cas similaires au Laos, notamment, rappelle un journaliste thaïlandais. On a retrouvé deux corps, 6 autres ont disparu, personne ne les a jamais revus, n’a plus jamais entendu parler d’eux. On n’a peut-être pas retrouvé tous les corps mais il est évident qu’ils ont été assassinés… »

Deux corps avaient en effet été retrouvés dans le le fleuve Mékong il y a quelques mois, remplis de ciment. Des disparitions semblables ont eu lieu au Laos, au Vietnam et au Cambodge. Le sujet est ultra sensible, évoquer ces disparitions dans les médias thaïlandais est déjà une prise de risque, souligne notre correspondante à Bangkok, Carole Isoux

Les organisations de défense des droits humains critiquent par ailleurs fréquemment les extraditions d’opposants politiques et de demandeurs d’asile organisées entre les États d’Asie du Sud-Est.

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