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Analyse

Deux ans après le sommet de Singapour, pourquoi une telle agressivité à Pyongyang ?

Le leader nord-coréen Kim Jong-un devant la commission militaire du Parti des travailleurs de Corée, le 24 mai 2020.
Le leader nord-coréen Kim Jong-un devant la commission militaire du Parti des travailleurs de Corée, le 24 mai 2020. STR / KCNA VIA KNS / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Il y a deux ans à Singapour, un certain espoir était né lors du sommet historique réunissant Donald Trump et Kim Jong-un. Un espoir depuis douché. Dans une déclaration, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères accusait hier vendredi les États-Unis « d’hypocrisie ». À l'approche de la présidentielle américaine du 3 novembre, la Corée du Nord fait monter la pression.

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Une récompense. C'est ce que réclame Pyongyang pour son moratoire sur les essais nucléaires et les tests de missiles, pour le démantèlement de son site d'essais nucléaires de Punggye-ri ou encore le rapatriement des restes de militaires américains tués pendant la guerre de Corée. Or, la Corée du Nord est toujours sous le coup de sanctions drastiques, d’où une certaine exaspération.

« Le message qui est envoyé aujourd'hui par la Corée du Nord, il est clair : c'est celui d'une exaspération vis-à-vis des États-Unis, explique Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), joint par Heike Schmidt du service international de RFI. Les Nord-Coréens considèrent qu'ils ont fait des pas en direction de Washington, mais que les États-Unis, eux, n'ont pas pris de mesures, n'ont pas fait de concessions vis-à-vis de Pyongyang. »

Pour le chercheur, « on est aujourd'hui dans une impasse côté nord-coréen pour plusieurs raisons. La première est qu'il n'y a plus de négociation entre Washington et Pyongyang. La deuxième est que la Corée du Nord n'est plus sur l'agenda du président américain Donald Trump. Et le troisième point est qu'il va y avoir une élection présidentielle aux États-Unis, qui risque de changer la direction prise par l'adminitration américaine. Le jeu est donc très difficile pour la Corée du Nord : l'objectif est de sécuriser leur position et surtout d'être en position de force si un autre président, un président démocrate est élu au mois de novembre. C'est pour cela que pour l'instant, la Corée du Nord renforce la rhétorique mais n'a pas encore pris de mesure concrète, n'a pas encore provoqué concrètement. Et cela pourrait avoir lieu dans les mois qui viennent, notamment dans le cadre de l'élection présidentielle américaine. »

Gestes cosmétiques

Cependant, le régime de Kim Jong-un a-t-il vraiment fait des efforts pour apaiser les tensions nées de son programme nucléaire depuis la rencontre de Singapour ? « Il y a eu des gestes extrêmement cosmétiques faits par la Corée du Nord, répond Antoine Bondaz. Notamment la condamnation des tunnels amenant aux sites d'essais nucléaires ou encore un gel partiel des essais balistiques pendant de nombreux mois. »

Or, souligne Antoine Bondaz, le programme nucléaire et balistique nord-coréen se poursuit. « Et c'est là où le bât blesse dans les négcoiations internationales : les États-Unis attendent des mesures concrêtes vers la dénucléarisation. Par exemple, la suspension ou le démantèlement de certaines infrastructures nucléaires et consdèrent que tant qu'il n'y a pas de geste concret vers la dénucléarisation, il n'y a pas de raison pour la commuauté internationale de lever des sanctions et donc de faire des concessions. »

Menace plus forte qu'en 2017

Dans ce contexte, prévient Antoine Bondaz, les capacités nucléaires et balistiques de la Corée du Nord sont beaucoup plus importantes aujourd'hui qu'il y a trois ans. « La menace que fait peser la Corée du Nord vis-à-vis de la Corée du Sud, du Japon mais aussi vis-à-vis de la non-prolifération internationale, est encore plus forte aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a deux ans, malgré l'absence d'essai nucléaire ou d'essai balistique à très longue portée comme en 2017. La question nucléaire nord-coréenne reste un problème extrêmement important pour la commuauté internationale. »

À écouter : Fin du moratoire sur les essais nucléaires nord-coréens: Kim Jong-un peut penser qu’utiliser la force est un moyen de faire bouger les États-Unis

 

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