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En Indonésie, le slogan «Papuan Lives Matter» émerge

Manifestation pour la libération sans conditions de prisonniers politiques de Papouasie devant le tribunal du district de Balikpapan dans la province du Kalimantan oriental, en Indonésie, le 17 juin 2020.
Manifestation pour la libération sans conditions de prisonniers politiques de Papouasie devant le tribunal du district de Balikpapan dans la province du Kalimantan oriental, en Indonésie, le 17 juin 2020. REUTERS/Stringer

En Indonésie, la médiatisation du mouvement « Black Lives Matter » a vite généré le nouveau slogan « Papuan Lives Matter » pour dénoncer le racisme dont sont victimes les Papous de l’archipel, mais aussi les violences policières dont ils ont été l’objet l’été dernier. Une question plus que jamais d’actualité avec la condamnation pour trahison de 7 étudiants et militants papous qui avaient participé à des manifestations antiracistes.

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De notre correspondante à Kuala Lumpur,

C’est un nouveau slogan qui donne une impulsion neuve à un vieux combat, constate Syaharani, qui comme beaucoup d’Indonésiens ne possède pas de noms de famille. « Beaucoup d’Indonésiens ont exprimé leur soutien au mouvement “Black Lives Matter” et donc, nous on essaie de leur dire il y a aussi des discriminations, du racisme et des violences policères depuis très longtemps dans notre propre pays. » 

Acquis à la cause papoue, le syndicat national BEM de cette étudiante a ainsi apporté son soutien juridique à ces 7 étudiants et militants indépendantistes papous arrêtés pour avoir participé à des manifestations antiracistes qui ont entraîné une recrudescence des violences policières l’été dernier.  

Pour soutenir leurs camarades étudiants papous, le syndicat a ainsi déposé un amicus curiae, une action juridique qui permet dans le système juridique indonésien de se porter solidaire avec les accusés sans être partie prenante des événements pour lesquels ils sont jugés.

L’été dernier le syndicat de Syaharani avait déjà apporté son soutien à d’autres étudiants papous victimes de violences policières le soir de la fête nationale indonésienne, rappelle-t-elle : « Les autorités avaient assiégé un dortoir d’étudiants papous qui étudiaient sur l’île de Java. L’élément déclencheur de cette intervention était la supposée destruction d’un drapeau indonésien par ces étudiants papous. Les policiers sont alors venus avec des gaz lacrymogènes, ont détruit le dortoir des étudiants, ont procédé à des intimidations, il y a aussi eu des propos racistes, ils disaient par exemple que les étudiants papous étaient des singes ou ressemblaient à des singes. Et cet incident a alors déclenché des manifestations anti-racistes dans le pays et surtout en Papouasie. » 

Le mouvement de contestation, qui relance la question brûlante de l’indépendance des régions indonésiennes de Papouasie, est alors réprimé par les autorités, et l’ONG Humans Right Watch décompte 33 morts et 8 000 déplacés en Papouasie en conséquence de ces événements.

Dix mois après ces actions antiracisme, les sept Papous arrêtés après avoir manifestés ont reçu leur verdict ce mercredi 17 Juin 2020 : 10 ou 11 mois de prison ferme pour chacun d’eux qu’ils purgeront sur l’île de Bornéo, loin de leur région natale. Autant d’éléments qui laissent à penser que le mouvement « Papuan Lives Matter » n’est pas prêt de s’arrêter. 

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