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Le pouvoir chinois veut s’imposer à Hong Kong en instituant un «organe de sécurité nationale»

Des militants protestent contre les nouvelles lois sur la sécurité, à Hong Kong, Chine, le 22 mai 2020.
Des militants protestent contre les nouvelles lois sur la sécurité, à Hong Kong, Chine, le 22 mai 2020. REUTERS/Tyrone Siu

Pékin a dévoilé ce samedi 20 juin les contours de sa loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Un texte qui vise officiellement à lutter contre les activités subversives dans l’ancienne colonie britannique mais qui a aussi pour but d’écraser les dernières libertés et de faire taire l’opposition hongkongaise.

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Un an après les manifestations pro-démocratie qui avaient secoué la ville, Pékin s’impose à Hong Kong via un « organe de sécurité nationale ». Le gouvernement chinois a présenté, ce samedi 20 juin, un texte de 66 articles qui va considérablement réduire le degré d’autonomie dont jouissait Hong Kong depuis sa rétrocession en 1997.

Le projet de loi prévoit donc un organe contrôlé par le pouvoir central et qui aura pour but de collecter des renseignements et de traiter les affaires qui portent atteintes à la sécurité nationale, rapporte notre correspondante, Angélique Forget.

►À lire: Loi sur la sécurité nationale – « Le pouvoir chinois va créer de l’instabilité à Hong Kong »

Cette loi permettra de punir et de traiter comme criminelles toutes les actions de sécession avec la Chine, la subversion, mais également les collusions avec des forces étrangères. Dit autrement, c’est la fin du principe « un pays deux systèmes ». C’est en tout cas ce qu’estime une grande partie de la communauté internationale. Le Parlement européen a appelé, vendredi 19 juin, l'Union européenne à prévoir des « sanctions contre les dirigeants responsables de la répression à Hong Kong » et à saisir la justice internationale si la loi est adoptée. De leur côté, les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont appelé Pékin à réexaminer sa décision. Un appel rejeté « fermement » jeudi par le gouvernement chinois.

Des juges nommés par l'exécutif

À Hong Kong, les démocrates y voient aussi un moyen à court terme de disqualifier certains de leurs candidats avant les élections législatives de septembre prochain. « C'est presque comme si la main de Pékin se saisissait des rênes administratives et judiciaires de Hong Kong », a dénoncé depuis l'ancienne colonie britannique un député pro-démocratie, Alvin Yeung.

Dans le projet de loi, Carrie Lam, l'actuelle cheffe de l'exécutif hongkongais, se verra placée à la tête de l'« organe de sécurité nationale » placé sous la supervision du gouvernement central. Elle aura aussi la prérogative de nommer les juges chargés de juger les crimes contre la sécurité nationale.

Aucune date n'a été fournie pour l'adoption du texte mais l’agence de presse Chine nouvelle, qui a révélé le texte, a précisé que le projet serait « prochainement » finalisé, malgré les inquiétudes.

Ce qui faisait la spécificité de Hong Kong, notamment la liberté d’expression, de manifestation et de fait un système relativement démocratique à Hong Kong, est en train d’être ouvertement remis en cause. (…) Pékin envoie un message clair : il n’entend pas se laisser dicter sa politique intérieure et entend bel et bien imposer sa volonté à Hong Kong.

Antoine Bondaz

(Avec AFP)

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