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Les dérives sécuritaires du pouvoir philippin à nouveau pointées du doigt

Rodrigo Duterte, le président philippin en 2018.
Rodrigo Duterte, le président philippin en 2018. REUTERS/Lean Daval
Texte par : RFI Suivre
2 min

D'après l'Organisation mondiale contre la torture, au moins 122 mineurs auraient été abattus entre 2016 et 2019 dans la guerre contre le trafic de drogue lancée par le chef de l'État Rodrigo Duterte. La plupart, tués par les forces de l'ordre et leurs alliés. Un chiffre sans doute en deçà de la réalité. C'est ce qu'a dit l'ONG devant l'Association des correspondants aux Nations-unies.

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De notre correspondant à Genève,  Jérémie Lanche

C'est un rapport qui fait froid dans le dos. D'après l'Organisation mondiale contre la torture, les enfants ne sont pas seulement des victimes collatérales de la guerre contre les trafiquants. Ils sont directement visés par les forces de l'ordre : parfois parce qu'ils remplacent un membre de leur famille recherché par la police. Parfois parce qu'ils ont été les témoins d'une exécution extrajudiciaire.

Le directeur de l'ONG Gerald Staberock demande à l'ONU d'envoyer sur place une commission d’enquête : « Nous voulons que le Conseil des droits de l'homme prenne position. Cela fait 4 ans que nous voyons prospérer ces meurtres. Nous ne pouvons pas laisser ces violations des droits de l'homme se banaliser. Surtout quand il s'agit d'enfants : c'est la preuve qu'il n'y a plus aucune limite [à la violence aux Philippines] »

Sur les 27 000 exécutions recensées aux Philippines par l'organisation, seule une affaire a vu un policier être poursuivi. Dans la quasi-totalité des cas, les familles des victimes ne veulent pas parler. De peur d'être victimes de représailles. Il règne aux Philippines un climat de peur généralisé dit l'ONG : « Il y a a plusieurs campagnes qui se superposent. Il y a celle contre le trafic de drogue mais aussi celle contre le terrorisme . Et la nouvelle loi sur le terrorisme créé un environnement propice à la torture, notamment en autorisant les détentions arbitraires pendant 2 semaines. Cette loi, c'est une carte blanche pour torturer ».

La pandémie a même contribué à détériorer encore plus les droits humains aux Philippines. Le président Duterte ayant appelé les forces de l'ordre à tuer tous ceux qui perturberaient le confinement imposé à la population.

→Lire le rapport de l'Organisation mondiale contre la torture

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