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Loi sur la sécurité nationale à Hong Kong: le Canada suspend son traité d’extradition

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau à la Chambre des communes, à Ottawa, le 18 juin 2020.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau à la Chambre des communes, à Ottawa, le 18 juin 2020. REUTERS/Patrick Doyle
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Alors que le Premier ministre canadien a affirmé que son pays « continuerait à soutenir le peuple hongkongais », la Chine s’est dite « très déçue » par la décision du Canada de suspendre l'application du traité d'extradition mis en place avec Hong Kong.

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« Le Canada croit fermement dans le principe un pays deux systèmes », a expliqué Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, vendredi 3 juillet. Selon Ottawa, la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à sa région administrative met fin à cette organisation. Et comme le Canada n’a pas d’accord d’extradition avec la Chine, Hong Kong est dorénavant traité comme le reste du pays et l’application du texte est suspendue.

29 autres pays et juridictions dont les États-Unis et l’Europe ont un traité d’extradition avec Hong Kong. Mais comme le Canada est le premier à le suspendre, les responsables hongkongais ont réagi avec véhémence, parlant d’une « atteinte au droit international » puisque le Canada « permettra à des fugitifs de se soustraire à leurs responsabilités légales ».

De vives tensions entre Pékin et Ottawa

Les relations entre Pékin et Ottawa étaient déjà très mauvaises depuis l’arrestation au Canada, il y a un an et demi, de la dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei. Arrestation à laquelle la Chine avait répondu en arrêtant deux Canadiens pour espionnage.

Des tensions qui n’empêchent pas Ottawa de réagir à la situation à Hong Kong. Justin Trudeau a aussi annoncé que les exportations de matériel militaire « sensible » vers Hong Kong étaient suspendues et que des mesures pourraient être prises concernant l’immigration, sans donner plus de détails. Aujourd’hui, 300 000 Canadiens vivent à Hong Kong.

De son côté, l’ancienne puissance coloniale, le Royaume-Uni, envisage déjà de proposer la naturalisation à près de la moitié des 7 millions et demi de Hongkongais.


À Hong Kong, les livres d’opposants retirés des bibliothèques

Chaque jour, un nouveau pan de la vie quotidienne hongkongaise touché par cette loi sur la sécurité nationale est découvert. Ce samedi 4 juillet, les bibliothèques publiques ont commencé à faire le ménage dans leurs rayons.

Avec notre correspondante à Hong Kong,  Florence de Changy

Il n’est dorénavant plus possible d’emprunter à la bibliothèque un ouvrage écrit par certaines personnalités d’opposition comme le jeune leader Joshua Wong. Même les livres de Tanya Chan, une député qui appartient au respectable parti Civique, le parti des avocats, ne sont plus disponibles.

C’est la radio publique RTHK qui en a fait le constat ce samedi 4 juillet. La radio a d’ailleurs récemment renoncé à produire le programme satirique le plus populaire de Hong Kong depuis des décennies, Headliner, après qu’un épisode a tourné la police en ridicule.

L’heure est aujourd’hui à rééduquer les Hongkongais et à rectifier leurs pensées. Pour cela, c'est un maître en matière de propagande que Pékin vient de nommer à Hongkong : Zheng Yanxiong, secrétaire général du parti pour la province de Canton, connu pour avoir maté les émeutes de Wukan, en 2011.

Nommé à la tête de la nouvelle agence de sécurité nationale qui aura notamment en charge de diriger la police secrète, Zheng Yanxiong avait déclaré, lors d’une réunion dont l’enregistrement avait fuité : « Les cochons auront des ailes avant que l’on puisse faire confiance à un journaliste étranger. »

►À lire: Hong Kong: la loi controversée sur la sécurité nationale adoptée par Pékin

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