À Hong Kong, les pouvoirs de la police se renforcent, la surveillance aussi

La police anti-émeute hongkongaise lors d'un rassemblement contre la loi sur la sécurité nationale, le 1er juillet 2020.
La police anti-émeute hongkongaise lors d'un rassemblement contre la loi sur la sécurité nationale, le 1er juillet 2020. REUTERS/Tyrone Siu

Une semaine après la promulgation de la loi de sécurité nationale dans l’ancienne colonie britannique, les autorités hongkongaises ont dévoilé un nouveau document notamment la surveillance en ligne et renforce le pouvoir policier.

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Avec notre correspondant à Pékin, Zhifan Liu

Le nouveau document de 116 pages dévoilé lundi 7 juillet donne clairement des prérogatives élargies aux forces de l’ordre. Les policiers pourront procéder à des perquisitions sans mandat s’ils estiment qu’il existe une menace « imminente » pour la sécurité nationale.  Cette nouvelle disposition retire une grande partie du contrôle judiciaire qui jusqu'à présent permettait d'encadrer les pouvoirs de la police en matière de surveillance.

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Le chef de la police peut demander à des organisations politiques internationales - y compris taïwanaises - de fournir des informations sur leurs activités à Hong Kong, y compris des données personnelles, leurs sources de revenus et leurs dépenses. La nouvelle loi rend illégales certaines opinions politiques comme le soutien à l'indépendance ou à une plus grande autonomie du territoire.

Une surveillance débridée sur Internet

On apprend aussi que la surveillance de l’internet se renforce. En ce sens, le chef de la police a désormais le pouvoir de contrôler et supprimer toute information en ligne s’il juge qu’il viole la nouvelle loi instaurée la semaine dernière.

Dans le même temps, les autorités peuvent demander aux entreprises du secteur de l’Internet de retirer toute information et saisir leur matériel. Dans le cas où elles refuseraient de s'exécuter, elles seraient passibles d'amendes et d'une peine allant jusqu'à un an de prison. Les sociétés sont également tenues de fournir les registres d'identification ainsi qu'une assistance pour permettre de déchiffrer des données.

Dans la foulée, les géants américains comme Facebook, Twitter ou encore Google ont confirmé qu'ils ne répondraient plus aux demandes d'informations sur leurs utilisateurs émanant du gouvernement et des autorités de Hong Kong, par respect pour la liberté d’expression.

Depuis l’instauration de la nouvelle loi de sécurité nationale, les souscriptions aux VPN ont explosé, ces VPN ce sont des logiciels qui permettent de contourner la grande muraille électronique chinoise. Une grande muraille qui se prolonge désormais sur le territoire hongkongais.

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