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Hong Kong: les États-Unis dénoncent la «censure», les Gafa résistent

La cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam a assuré mardi que la nouvelle loi sur la sécurité nationale serait «vigoureusement» appliquée.
La cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam a assuré mardi que la nouvelle loi sur la sécurité nationale serait «vigoureusement» appliquée. ISAAC LAWRENCE / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Après la promulgation de la nouvelle loi de sécurité nationale, les géants américains des réseaux sociaux pris des mesures. La plateforme chinoise TikTok a annoncé de son côté la suspension de son application dans l'ancienne colonie. 

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Les quatre plateformes mondiales Facebook, Google, Twitter et TikTok ont fait savoir que leurs équipes étaient en train d'examiner de près la nouvelle loi très controversée de sécurité nationale. Les entreprises américaines Facebook, Google et Twitter ont confirmé dès lundi qu'elles ne répondaient plus aux demandes d'informations sur leurs utilisateurs émanant du gouvernement et des autorités de Hong Kong, par respect pour la liberté d'expression.

Le géant Facebook a aussi interrompu les réponses aux requêtes pour sa messagerie WhatsApp, qui rappelle que son cryptage de bout en bout protège quotidiennement les messages de 2 milliards de personnes dans le monde. L'ex-colonie britannique rétrocédée à la Chine bénéficie d'un accès Internet illimité contrairement à la Chine continentale, où ces trois services sont par exemple bloqués.

Et de son côté, TikTok, très populaire chez les jeunes, a annoncé ce mardi suspendre purement et simplement son service à Hong Kong dans les prochains jours. La plateforme, propriété du groupe chinois ByteDance, a souvent dû se défendre de ses liens avec la Chine, où sa maison-mère possède une application similaire, sous un autre nom. Elle a toujours nié partager des données avec les autorités chinoises et assuré ne pas avoir l'intention d'accepter de telles requêtes.

►À lire aussi : Loi sur la sécurité nationale : témoignages de Hongkongais sous le choc

Dans le même temps, un document de 116 pages a été publié par le gouvernement hongkongais, qui confère, en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, plus de pouvoirs à la police, notamment en matière de surveillance.

Acte « orwellien »

Lundi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait déjà dénoncé un acte « orwellien » de « censure » de la Chine. En cause : lundi, le gouvernement pro-Pékin de l'ex-colonie britannique a demandé aux écoles d'« examiner le matériel pédagogique, y compris les livres » et de les « retirer » en cas de « contenus périmés ou pouvant s'apparenter aux quatre types d'infractions » définies par la loi sur la sécurité nationale. « La destruction par le Parti communiste chinois d'un Hong Kong libre continue », a déclaré Mike Pompeo, condamnant ce qu'il a qualifié de « dernières attaques contre les droits et les libertés du peuple de Hong Kong ».

Une directive annoncée deux jours après que les bibliothèques ont indiqué retirer de leurs rayonnages les ouvrages susceptibles de la violer.

Le gouvernement hongkongais entre fermeté et apaisement

Ce mardi, la cheffe de l'exécutif hongkongais a elle défendu la nouvelle loi chinoise sur la sécurité, qu’elle s’est engagée à « appliquer vigoureusement », estimant qu’elle permettrait de rétablir la stabilité sur le territoire. « Les conséquences d'une violation de cette loi sont très graves », a averti Carrie Lam. Oscillant entre menaces et propos rassurants, elle a nié le fait que cette loi menacerait les libertés dont jouissent les Hongkongais, estimant que le texte n’était pas « aussi sombre qu'il y paraît pour Hong Kong ».  

Promulguée mardi 30 juin par le président chinois Xi Jinping, cette loi entraîne, selon ses critiques, un recul des libertés inédit depuis la rétrocession à la Chine par le Royaume-Uni de Hong Kong, en 1997. Le texte adopté par le régime communiste de Pékin vise à réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, en réponse au mouvement de contestation lancé l'an dernier contre le pouvoir central dans l'ancienne colonie britannique.

Sanctions occidentales

Pour les États-Unis comme pour d'autres pays occidentaux, il s'agit de museler l'opposition après les manifestations monstres de l'an dernier, qui visaient à dénoncer l'influence du gouvernement. Le Congrès américain a adopté jeudi une loi prévoyant de sanctionner les responsables chinois appliquant les nouvelles règles sécuritaires répressives contre Hong Kong. La loi devra encore être promulguée par le président Donald Trump pour entrer en vigueur.

De son côté, le gouvernement britannique a décidé de faciliter l'accès à la citoyenneté aux Hongkongais en réaction à la nouvelle loi chinoise sur la sécurité. L'ambassadeur de Chine à Londres a réagi en accusant le Royaume-Uni d'« ingérence grossière dans les affaires intérieures » Chinoises.

Le Canada a aussi pris position sur la nouvelle loi sur la sécurité nationale. Comme le Canada n’a pas d’accord d’extradition avec la Chine, Hong Kong est dorénavant traité comme le reste du pays et l’application du texte est suspendue. Justin Trudeau ajoutant que son pays « continuerait à soutenir le peuple hongkongais ». La Chine s’est dite « très déçue » par la décision du Canada.

►À écouter aussi : Le monde en questions - La fin des espoirs démocratiques à Hong Kong

(Avec AFP et Reuters)

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