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Élections à Singapour: progrès historique de l'opposition

Le Parti des Travailleurs a obtenu 10 sièges lors des élections du 10 juillet 2020 au parlement de Singapour, une percée historique dans un système politique verrouillé.
Le Parti des Travailleurs a obtenu 10 sièges lors des élections du 10 juillet 2020 au parlement de Singapour, une percée historique dans un système politique verrouillé. Roslan RAHMAN / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Singapour se lève avec un nouveau Parlement ce samedi matin 11 juillet. Les électeurs s'étaient rendus aux urnes la veille avec des stylos désinfectés et des gants. Obligatoire, le vote a cette fois provoqué une percée sans précédent de l’opposition, qui siègera au Parlement sans avoir la majorité. Mais elle pourrait influencer malgré tout le parti au pouvoir depuis l’Indépendance de la cité-État.

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Avec notre correspondante en Asie du Sud-Est, Gabrielle Maréchaux

Partout ailleurs, ce score n'impressionnerait guère. Mais à Singapour, il est historique. Re Ting Hu, députée tout juste élue du Parti des Travailleurs, en est profondément émue : « Merci du fond du coeur pour la confiance et l’espoir que vous avez manifesté aujourd’hui. Nous travaillerons dur pour s’assurer que cette confiance n’est pas mal placée. Car nous n’aurions pas pu arriver là sans nos supporters qui travaillent sur le terrain depuis dix ans. »

À ses côtés, son co-listier Jamus Lim, économiste devenu la nouvelle coqueluche des réseaux sociaux après un débat télévisé où sa verve fut remarquée, devient même lyrique : « On espère vous avoir tous poussés à croire que le rêve d’une alternative future est aussi atteignable que le courage de saisir les opportunités qui viennent à vous. »

Obstacles aux amibitions de l'opposition

Ces candidats de la circonscription de Sengkang sont la grande surprise du soir : la victoire de l’opposition est inédite dans ce quartier du nord-est de Singapour. Elle permet au Parti des Travailleurs a remporté 10 des 93 sièges du Parlement, un score sans précédent dans le paysage de la cité-État où le découpage des circonscriptions, la campagne express de neuf jours et la rigidité des conditions pour être candidat compliquent les ambitions de l’opposition.

Depuis 1959, le pire score du parti au pouvoir était de 93 %. Cet étonnant record a aujourd’hui été battu.

« Désir clair de voix plus diversifiées au parlement »

Si le People’s Action Party, au pouvoir depuis 1959, conserve toujours les deux tiers du parlement, nécessaires pour modifier la constitution, cette percée historique de l’opposition risque tout de même de faire bouger les lignes à Singapour.

Le premier ministre sortant Lee Hsien Loong l’a lui-même constaté après les résultats du scrutin en notant « un désir clair de voix plus diversifiées au parlement ». Une observation à rebours de ses propos d’il y a quelques jours, où le fils du Père fondateur de Singapour appelait à une union forte en rappelant que l’on ne « sapait pas un système qui vous a bien servi ». Il revivifiait par là un idéal d’harmonie tout singapourien, où stabilité semble rimer avec prospérité et un PNB par habitant multiplié par 150 en soixante ans, sous la gouvernance d’un unique parti.

Mais cet idéal semble désormais devoir cohabiter avec d’autres rêves pour Singapour. Dans les circonscriptions où le Parti des Travailleurs a triomphé ce vendredi soir, David semblait avoir gagné contre Goliath. La nuit, rythmée de klaxon, cris et applaudissement, fut festive.

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