Huawei et le Royaume-Uni, symbole de la guerre commerciale sino-américaine

Huawei ne pourra pas mettre en place ses infrastructures 5G au Royaume-Uni (image d'illustration).
Huawei ne pourra pas mettre en place ses infrastructures 5G au Royaume-Uni (image d'illustration). ©REUTERS/Jason Lee/File Photo

Le géant chinois des télécoms ne pourra plus fournir de nouveaux équipements aux opérateurs britanniques à compter du 31 décembre prochain. La diplomatie chinoise a réagi avec force, alors que nombre d'actes montrent un regain dans la guerre commerciale sino-américaine.

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Avec notre correspondant régional,  Stéphane Lagarde

On a presque senti le clavier trembler sous le tweet rageur de Liu Xiaoming. L’ambassadeur chinois à Londres qualifie diplomatiquement la décision britannique d’« erreur décevante », mais dégaine aussitôt la menace. Il est désormais « douteux, écrit le diplomate, que le Royaume-Uni puisse fournir un environnement commercial ouvert et équitable aux entreprises étrangères » sous-entendant que certaines entreprises britanniques pourraient avoir des surprises prochainement sur le marché chinois.

Dans un régime où l’on trie les pays en fonction de leur amitié ou de leur supposée hostilité ce genre de propos est généralement suivi d’effets. Si le Royaume-Uni nous considère comme un pays hostile il en paiera le prix avait déclaré le même ambassadeur de façon moins diplomatique il y a quelques jours.

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Même déception courroucée chez Huawei où l’on a du mal à temporiser : les revenus au Royaume-Uni représentent à peine 1 % de nos revenus mondiaux affirme le vice-président exécutif du groupe. Mais « les décisions de Londres ont tendance à avoir un impact plus large que le royaume » autrement dit Huawei criant que ce bannissement ne soit imité ailleurs.

Une guerre commerciale plus large

Huawei n'est pas le seul contentieux entre Pékin et Washington. Ce mercredi matin, le ton monte autour de Hong Kong. Comme le lui demandait le Congrès, Donald Trump a signé mardi soir un décret mettant fin au statut spécial de Hong Kong. Ce qui facilitait jusqu'alors les échanges commerciaux et financiers.

En parallèle, Donald Trump annonce des sanctions contre les Chinois qui jouent un rôle dans la reprise en main du territoire par le pouvoir central. Pékin là aussi a aussitôt réagi.

Entre « morceau de papier froissé » et Winnie l'Ourson

C’est tout juste si la diplomatie chinoise ne ressort pas les « tigres de papier » chers au président Mao. Pékin avait qualifié voici quelques jours l’acte américain sur Hong Kong de « morceau de papier froissé », autrement dit un acte symbolique voire contre-productif pour les intérêts américains.

Le ministère chinois des Affaires étrangères parle de violation des lois internationales et d’ingérence et promet des sanctions contre les institutions et des personnalités américaine. Il réaffirme sa détermination sur Hong Kong devenue presque une affaire personnelle entre dirigeants américains et chinois.

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Ce mercredi, Mike Pompeo a twitté une photo de son chien jouant avec ses« jouets favoris » dont la peluche Winnie l’Ourson, le personnage de Disney autrefois censuré en Chine car supposé ressembler au président chinois

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