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Entretien

Nathan Law, militant hongkongais exilé à Londres: «Le monde doit former un front uni»

Le militant hongkongais pro-démocratie Nathan Law devant la Cour de dernière instance, le 24 octobre 2017.
Le militant hongkongais pro-démocratie Nathan Law devant la Cour de dernière instance, le 24 octobre 2017. ISAAC LAWRENCE / AFP
3 mn

En 2016, à l’âge de 23 ans, il était élu au conseil législatif de Hong Kong et devenait ainsi le plus jeune député dans l’histoire hongkongaise. Aujourd’hui, Nathan Law, ce fervent militant pour la démocratie et les libertés de Hong Kong, est désormais le refugié le plus connu de l’ancienne colonie britannique – en début de semaine, il s'est exilé à Londres. Depuis le Royaume-Uni, il dit vouloir continuer sa lutte contre la mainmise chinoise qui grignote une à une les libertés des Hongkongais.

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RFI : Nathan Law, vous sentiez-vous en danger après que la Chine ait imposé la nouvelle loi sur la sécurité nationale à Hong Kong ?

Nathan Law : En vertu de cette loi sur la sécurité nationale, toute personne qui défend une cause sur la scène internationale risque de se retrouver en prison pour le reste de sa vie. Donc oui, j’aurais pu être arrêté. Mais mon exil est plus qu’un choix personnel. Nous avons besoin d’une figure publique pour faire connaître notre cause. Il est de ma responsabilité de dire la vérité à la communauté internationale. Pour le moment, les Britanniques nous soutiennent le plus. Ici, je pourrai donc continuer à défendre nos droits.

Londres a décidé de ne plus travailler avec la société chinoise Huawei. Washington a mis fin au statut préférentiel dont bénéficiait Hong Kong. Qu’est-ce que la communauté internationale devrait faire en plus à vos yeux pour stopper la mainmise chinoise sur Hong Kong ?

Le monde doit former un front uni. Nous devons mettre la Chine devant ses responsabilités. Ces sanctions sont un premier pas visant à reconnaître que la Chine viole les droits de l’homme. Oui, en effet, Hong Kong risque aussi de subir les conséquences de ces sanctions, mais la faute en revient entièrement au parti communiste chinois. Il faudrait également boycotter les Jeux Olympiques d’hiver prévus en 2022 et geler différents accords commerciaux. C'est important.

« Un pays, deux systèmes », ce statut garanti à Hong Kong jusqu’en 2047 est-il déjà mort ?

Oui, il est mort. Ce statut garantit aux Hongkongais de gouverner Hong Kong. Cela veut dire que nous jouissons d'une large autonomie et que nous avons le droit d’élire notre chef de l’exécutif – or, Pékin a détruit ces deux principes. A la place, la Chine a ouvert une agence secrète qui supervise le gouvernement hongkongais. C’est donc Pékin qui dicte directement sa loi à l’exécutif de Hong Kong. Et ça, c’est clairement la fin du principe « un pays, deux systèmes ».

En septembre prochain, les Hongkongais doivent élire leurs députés. Ces élections pourront-elles avoir lieu ?

Elles vont avoir lieu, je pense, mais Pékin écartera certainement une bonne partie des candidats pro-démocratie de ce scrutin, ce qui équivaut clairement à une fraude électorale. Ils vont essayer de contrôler l’élection. Donc, j’appelle la communauté internationale à envoyer ses observateurs à Hong Kong et à surveiller de près la situation.

En 2016, en tant que jeune député du parti pro-démocratie Demosisto, vous avez comparé votre lutte non-violente à celle de Nelson Mandela en Afrique du Sud – pensez-vous que la non-violence doit rester la seule voie pour obtenir la démocratie à Hong Kong ?

Je pense qu’il est très important de continuer à manifester et je suis toujours un promoteur de la non-violence. Mais nous devons comprendre que certains optent pour des moyens plus radicaux. Je peux comprendre leur frustration. Je me fais des soucis pour eux et rends hommage à leur courage. Il continue leur lutte à Hong Kong.

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