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Indonésie: quelles sont les réelles ambitions du groupe islamiste Jemaah Islamiyah?

Des militants islamistes emprisonnés à la prison de Porong dans l'est de Java en 2011 (image d'illustration).
Des militants islamistes emprisonnés à la prison de Porong dans l'est de Java en 2011 (image d'illustration). AP Photo/Achmad Ibrahim

En Indonésie, deux dirigeants du groupe islamique Jemaah Islamiyah ont été condamnés à sept et six ans et demi de prison pour terrorisme lundi 20 juillet. Les leaders de ce groupe devenu tristement célèbre pour avoir fomenté l’attentat le plus meurtrier qu’a connu l’Indonésie en 2002 ont été condamnés pour avoir envoyé des combattants en Syrie. Un mode opératoire qui en dit beaucoup sur les ambitions à long terme du groupe terroriste.

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De notre correspondante régionale,

Soixante hommes environ seraient partis en Syrie avec l’aide du leader Para Wijayanto et de son adjoint Budi Trikaryanto. C’est peu par rapport aux 700 Indonésiens partis en Syrie pour rejoindre directement les rangs de l'Etat islamique, mais les hommes envoyés par Jemaah Islamiyah, une organisation islamique créée en 1993 en Indonésie avaient eux des motifs bien spécifiques, raconte Sidney Jones, directrice de l’Institute for Policy Analysis of Conflict de Jakarta. 

« Ce n’était pas vraiment pour prendre part au conflit syrien, ou pour rester là bas en attendant la fin du monde, comme c’est le cas pour les combattants de Daech, explique la chercheuse, mais surtout pour gagner en savoir-faire, avoir un entraînement militaire et rentrer ensuite en Indonésie. Car c’est très important pour eux d’être préparé et d’avoir les compétences qu’il faut pour, quand l’opportunité politique sera là, avoir tout ce qu’il faut pour en tirer parti. »

Un mode opératoire déjà mis en place auparavant

Un mode opératoire unique que l’organisation avait déjà mis en place en envoyant des hommes s'entraîner dans les camps pakistanais pour ensuite aller combattre en Afghanistan, en 1985, puis aux Philippines dans les années 2011-2013. Car l’organisation a beau être affiliée pour certaines de ses factions à al-Qaïda, ou être à l’origine de l’attentat le plus meurtrier commis sur le sol indonésien, à Bali en 2002 avec un bilan qui dépasse les deux cents morts, son objectif ultime est surtout géopolitique affirme la chercheuse. « Jemaah Islamiyah est le seul groupe islamique présent en Indonésie à avoir une vision à long terme, il se projette dans 25 ans ». Une particularité qui empêchera l’organisation créée il y a 27 ans d’être désemparée par la condamnation de deux de ces leaders assure Sidney Jones. « Je suis sûre qu’il y avait des successions prévues pour la tête de l’organisation si ces leaders étaient arrêtés ».  

Moins prosélyte que l'Etat islamique, moins prompt aussi à organiser des attentats ces dernières années, quand Daech a lui tué 28 personnes dans une église de Surabaya en 2018 et blessé un ministre indonésien au couteau en 2019, Jemaah Islamiyah semble désormais préférer avancer ses pions dans l’ombre, avec un mode de recrutement bien plus sélectifs et élitiste, un usage très prudent des réseaux sociaux, mais toujours des projets bien ambitieux. Ainsi rappelle Sydney Jones, alors qu’il était recherché par la police depuis plus de dix ans Para Wijayanto avait surtout occupé ces dernières années à investir dans des plantations d’huile de palme pour organiser l’économie et les locaux du futur califat qu’il voudrait créer en Indonésie. 
 

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