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Entretien

Ouïghours: l’UE réfléchit à un mécanisme de sanction contre la Chine

Manifestation devant la Maison Blanche à Washington, le 3 juillet 2020, pour dénoncer le traitement de la minorité ouïghoure par Pékin.
Manifestation devant la Maison Blanche à Washington, le 3 juillet 2020, pour dénoncer le traitement de la minorité ouïghoure par Pékin. Leah Millis/Reuters
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les États-Unis annoncent de nouvelles sanctions contre plusieurs entreprises chinoises impliquées dans la répression des Ouïghours en Chine, alors que plusieurs millions de membres de cette minorité musulmane sont détenus en secret dans des camps que Pékin présente comme des instituts de rééducation. La communauté internationale et les ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent au contraire une campagne de ségrégation raciale, de lavage de cerveau et de stérilisation massive des femmes ouïghoures.

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L’Europe et la France vont-elles bientôt s'associer aux sanctions américaines ? Le sénateur LREM André Gattolin répond à Yang Juehua, de la rédaction chinoise de RFI.

RFI : Les Etats-Unis viennent de frapper fort contre plusieurs entreprises chinoises et parlent de violations des droits de l'Homme, d'incarcération de masse, de travail forcé, de collecte involontaire de données biométriques et d'analyses génétiques visant les minorités musulmanes de la région autonome ouïghoure du Xinjiang. L’Europe et la France sont-elles sur la même ligne que la diplomatie américaine ?

C’est vrai que la répression est intense depuis au moins trois décennies, mais elle s’est considérablement accrue ces dernières années, avec des camps de travail, des déplacements forcés, dont des déportations d’une partie de la population ouïghoure dans le reste du territoire.

Par ailleurs, on note un accroissement au cours des dernières années d’une campagne de stérilisation massive des femmes, qui vise, et c’est déjà le cas sur l’ensemble du territoire du Xinjiang, à rendre la population ouïgoure minoritaire et à limiter son développement démographique.

Il y a non seulement cette stérilisation massive, qui relève de l’un des éléments susceptibles d’être instruits comme un génocide de masse au regard de la Convention internationale sur le crime de génocide, mais aussi l’arrivée massive de colons venus de l’Est, issus de la population Han, sur ce territoire.

Les États-Unis ont, en effet, pris des mesures fortes vis-à-vis de certains dirigeants chinois ayant participé à cette répression, dans le cadre d’un type de lois adoptées il y a six ans, les lois Magnitski. Elles font référence à un opposant au régime russe de monsieur Poutine, un juriste fiscaliste arrêté et mort dans des conditions terribles en prison.

Cette loi permet d’interdire la venue sur le territoire américain, le gel des avoirs des personnes concernées et l’engagement à lancer des poursuites judiciaires. Seuls quelques pays en Europe ont signé le même type de lois : le Royaume-Uni ainsi que certains pays baltes. Mais il est en discussion avancée, au niveau de l’Union européenne, d’adopter une directive qui permettrait de disposer de cet instrument précis contre des gens dans des régimes autoritaires, qui sont convaincus d’avoir participé à des actes graves, délictueux et politiques.

En l’état, nous ne disposons pas de cet instrument. Il est en discussion au niveau européen : 26 pays européens sont d’accord pour l’adopter. La Hongrie oppose encore quelques résistances, mais il semblerait que nous puissions, d’ici la fin de l’année, adopter ce même type de loi qui nous permettrait, s’il y a volonté politique, de prendre les mêmes mesures que celles prises par les États-Unis à l’encontre de la Chine sur la situation ouïghoure.

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