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Inde: après l'exode des travailleurs, les grandes villes manquent de main d'œuvre

Un ouvrier peint le réservoir de carburant d'une moto à l'intérieur de son usine tout en maintenant une distanciation sociale après l'assouplissement du confinement, le 9 juin 2020.
Un ouvrier peint le réservoir de carburant d'une moto à l'intérieur de son usine tout en maintenant une distanciation sociale après l'assouplissement du confinement, le 9 juin 2020. Arun SANKAR / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Alors que la pandémie continue de progresser en Inde, les grandes villes et entreprises cherchent à relancer l’activité. Mais les travailleurs bon marché rentrés dans leurs États d’origine ne semblent pas disposés à revenir.

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De notre correspondant à Bangalore, Côme Bastin.

Depuis la fin du confinement décrété pour lutter contre le Covid-19, partout en Inde, c’est le même scénario. Les chantiers de construction et usines veulent reprendre, mais sont en panne de main d’œuvre. En cause, l’exode massif des travailleurs migrants durant le confinement vers leurs campagnes natales.

De plus, la gestion de cette migration a été calamiteuse car « personne n’a su qui devait prendre en charge ces travailleurs », selon Irudaya Rayan, chercheur spécialiste des migrations, également auteur de « Dynamique des migrations Indiennes : histoire et perspectives » (2016), avec la chercheuse Marie Percot du CNRS. « L’État dont ils partaient ? Celui où ils allaient ? Le gouvernement central ? Les entreprises qui les employaient ? Aucun n’a pris la question migratoire au sérieux. C’est pour cela qu’ils sont partis à pied. Au moins 200 d’entre eux sont morts sur les routes », rajoute-t-il.

Les entreprises monnayent le retour des travailleurs

Alors que l’Inde veut relancer son activité, les entreprises tentent aujourd’hui d’attirer à nouveau cette main d’œuvre bon marché. À Bangalore, quelques 2 000 travailleurs seraient revenus avec l’appui d’entreprises industrielles, selon le gouvernement. À Bombay, un promoteur immobilier offre le billet d’avion et une assurance santé à ceux qui reviennent travailler.

Malgré les aides proposées par les entreprises, le retour des travailleurs sera long. « Au moins 30 % de la main d’œuvre est partie suite au Covid et je ne pense pas qu’elle reviendra de sitôt. Les migrants vont surement préférer dans un premier temps les petites villes proches de leurs campagnes », estime Irudaya Rayan.

Au-delà des conditions de travail, le retour vers les grandes villes est compliqué par les reconfinements et quarantaines décrétés alors que la pandémie continue à progresser en Inde.

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