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Japon: les irradiés de la «pluie noire» d'Hiroshima en 1945 enfin reconnus comme victimes

Hiroshima le 6 août 1945 après l'explosion de la bombe nucléaire américaine
Hiroshima le 6 août 1945 après l'explosion de la bombe nucléaire américaine AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Un tribunal d'Hiroshima élargit la définition des survivants de la bombe atomique pour y inclure des personnes atteintes de ce qu'on a appelé la « pluie noire » radioactive qui avait suivi, le 6 août 1945, le bombardement nucléaire américain sur la ville, suivi trois jours plus tard, de celui de Nagasaki. Soixante quinze ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale, le tribunal d'Hiroshima décide que 84 victimes de la « pluie noire » dont la moyenne d'age est  de plus de 80 ans, peuvent enfin bénéficier des prestations médicales accordées aux survivants du bombardement.

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avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Gonichi KIMURA, Motifs de kimono incrustés par brûlure dans la peau Premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima.
Gonichi KIMURA, Motifs de kimono incrustés par brûlure dans la peau Premier hôpital militaire d’Hiroshima, vers le 15 août 1945, photographie Hiroshima, Mémorial de la Paix d’Hiroshima. Photograph by Gonichi Kimura, Courtesy Hiroshima Peace Memorial

Jusqu'en 1957, les atomisés d'Hiroshima ne bénéficient d'aucune assistance spéciale. Le gouvernement japon crée alors un système d'allocations et de soins gratuits en fonction de la proximité de la déflagration. Dans un rayon de 2 à 3 km, pas au-delà. Pour réduire les coûts de traitement des atomisés - des hibakusha- qui meurent à petit feu de cancers dus aux radiations. Les victimes de la « pluie noire » radioactive ne sont pas reconnues comme des survivants du bombardement.

À lire aussi70 ans après, le Japon toujours hanté par le feu nucléaire d'Hiroshima

Soixante quinze ans plus tard, le juge du tribunal de district d'Hiroshima, Yoshiyuki Takashima déclare donc qu'elles aussi souffrent de maladies liées à la bombe. Et remplissent les conditions juridiques exigees des hibakusha. A ce jour, le gouvernement japonais reconnaît 136 682 personnes en tant qu'hibakusha en comptant ceux de Nagasaki.

Après la guerre, le Japon fait de ses atomisés des êtres déshumanisés,
rejetés par les entreprises. A l'époque, on craint que l'irradiation soit contagieuse. De nombreux atomisés ne s'enregistrent pas par peur des discriminations dont ils sont victimes.

À écouter aussi : le témoignage de deux hibakusha d'Hiroshima, Fréquence Asie du 4 août 2018

Fillette de 11 ans qui avait perdu ses cheveux plus d'une semaine après l'explosion d'Hiroshima. Elle se trouvait dans une maison en bois à 2 km de l'hypocentre.
Fillette de 11 ans qui avait perdu ses cheveux plus d'une semaine après l'explosion d'Hiroshima. Elle se trouvait dans une maison en bois à 2 km de l'hypocentre. PD-USGOV

 

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