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Inde: à Ayodhya, Narendra Modi pose la première pierre du temple de Ram

Le Premier ministre vient de poser la première pierre de la construction du temple de Ram, dans la ville d’Ayodhya, au nord du pays, sur le lieu le plus contesté de l’histoire moderne indienne.
Le Premier ministre vient de poser la première pierre de la construction du temple de Ram, dans la ville d’Ayodhya, au nord du pays, sur le lieu le plus contesté de l’histoire moderne indienne. SANKET WANKHADE / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Religion et politique ne font plus qu’une en Inde aujourd’hui. Le Premier ministre vient de poser la première pierre de la construction du temple de Ram, dans la ville d’Ayodhya, au nord du pays. Il s’élèvera sur le lieu le plus contesté de l’histoire moderne indienne, là où des hindouistes ont détruit illégalement une ancienne mosquée, en affirmant que c’était le lieu de naissance de Ram. Pour les nationalistes hindous, c’est une énorme victoire politique. 

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De notre correspondant à New Delhi,  Sébastien Farcis

Ils sont cinq sur l’estrade de cette cérémonie tant attendue: un prêtre, le gouverneur et le chef du gouvernement de l’Uttar Pradesh, le chef de l’organisation hindouiste du Rashtriya Swayamsevak Sangh, et Narendra Modi.

C’est le Premier ministre indien, qui est le principal acteur, et qui envoie les offrandes dans le trou qui accueillera les fondations du temple de Ram. Habillé en safran, la couleur de l’hindouisme et offrant ainsi toute la bénédiction de l’État lors de cet événement purement religieux. Narendra Modi, envoie un message clair: le temple de Ram est aujourd’hui un temple de la République.

« Cette cérémonie oblitère toute séparation entre la religion et l’État. Le dieu Ram n’est plus un dieu, mais il est converti en symbole du nationalisme indien. Tous les Indiens qui appartiennent aux minorités religieuses ou qui sont opposés à cette vision n’auront plus voix au chapitre », analyse Nilanjan Mukhopadhyay, auteur spécialisé sur le nationalisme hindou.

Cela faisait 50 ans que les hindous réclamaient un temple de Ram à cet endroit. Le gouvernement assure qu’il sera terminé dans environ 3 ans, soit juste avant les prochaines élections parlementaires.


• Un temple controversé 

La construction de ce temple est un geste politique et religieux fort pour ce site emblématique du nationalisme hindou et il intervient le jour du premier anniversaire de la révocation de force du statut spécial d’autonomie dont jouissait le Cachemire indien.

« Ça fait des décennies maintenant que la parti nationaliste hindoue avait inscrit quelques grands actes symboliques dans son programme: l’abolition des dernières marges d’autonomie du Cachemire, ça a été fait il y exactement un an. Le deuxième grand symbole était de pouvoir construire à Ayodhya, une des villes saintes de l’hindouisme dans la vallée du Gange, un temple monumental au dieu Ram sur le site d’une mosquée qui avait été en partie détruite par des militants nationaliste hindous en 1992 », explique Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS et grand spécialiste de l’Inde. 

Pour les tenants du nationaliste hindou, cette mosquée, que l’on appelle la mosquée de Babur, avait été construite au XVIe siècle sur les ruines d’un temple qui aurait marqué le lieu de naissance de Ram. 

« L’essor du nationalisme hindou en tant que force politique, l’essor du BJP, a commencé précisément avec des marches à travers l’Inde en 1992 pour converger sur ce site symbolique. C’est un triomphe politique pour ses partisans, que Narendra Modi peut afficher aujourd’hui », précise Jean-Luc Racine.
RFI

À lire: Inde: la Cour suprême donne raison aux hindous concernant Ayodhya

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