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Législatives au Sri Lanka: les frères Rajapaksa étendent leur influence

Colombo, Sri Lanka, le 6 août : un militaire des Forces spéciales monte la garde devant un centre de dépouillement des élections au lendemain des législatives du 5 août 2020.
Colombo, Sri Lanka, le 6 août : un militaire des Forces spéciales monte la garde devant un centre de dépouillement des élections au lendemain des législatives du 5 août 2020. REUTERS/Dinuka Liyanawatte
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L'alliance des frères Rajapaksa, au pouvoir au Sri Lanka, a remporté les deux tiers des sièges aux élections législatives, une victoire sans précédent qui devrait leur permettre d'amender la Constitution en vue d'accroître leur pouvoir.

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Plus de 75% des 16 millions d'électeurs ont participé mercredi 5 août à ces législatives, organisées quatre mois après leur date initialement prévue à cause de la pandémie de coronavirus. Le parti SLPP du Premier ministre Mahinda Rajapaksa a remporté 6,8 millions de suffrages et raflé 145 sièges plus au moins cinq sièges pour les partis alliés, sur les 225 du Parlement, selon des résultats officiels diffusés ce vendredi 7 août et rapportés par l'Agence France presse.

Modifier la Constitution

Le Premier ministre Mahinda Rajapaksa est le frère du président Gotabaya Rajapaksa, élu en novembre, et fut lui-même le président de l'île de 2005 à 2015. Grâce à sa majorité des deux tiers au Parlement, le clan Rajapaksa pourrait revenir sur les modifications apportées à la Constitution par la précédente administration, qui avait décentralisé le pouvoir et limité à deux le nombre des mandats présidentiels afin d'empêcher l'émergence d'un nouvel homme fort.

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Gotabaya, 71 ans, et Mahinda, 74 ans, veulent mettre fin à cette limite, ramener l'appareil judiciaire et policier sous leur contrôle direct et étendre leur pouvoir dynastique à une nouvelle génération de la famille.

Les Rajapaksa jouissent d'une grande popularité au sein de la majorité ethnique cinghalaise pour avoir mis fin en 2009, au prix d'un gigantesque bain de sang, à quatre décennies de guerre civile avec la minorité tamoule, un conflit qui a fait 100.000 morts. Mahinda était alors président, et son frère un des plus hauts gradés dans l'armée.

Depuis la victoire à la présidentielle de novembre 2019 de Gotabaya Rajapaksa, la population a largement adhéré au programme populiste de la famille, qui a profité d'une vague de nationalisme après des attentats jihadistes qui avaient fait 279 morts à Pâques en 2019.

L'opposition, divisée, sort-elle exsangue de ces législatives. Le nouveau Parlement, qui se réunira pour la première fois le 20 août, aura à gérer la crise économique qui touche le pays. L'économie srilankaise s'est contractée de 1,6% au premier trimestre, selon des statistiques officielles, et la Banque asiatique de développement table sur une baisse de 6,1% du PIB national sur l'année.

(avec AFP)

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