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Processus de paix avec les talibans: un chemin semé d’embûches

Le président Ashraf Ghani dans un discours à la nation à l’occasion de la fête de l’indépendance a déclaré qu'il n'était pas «prêt à faire des compromis» avec les talibans, malgré la pression des nations extérieures.
Le président Ashraf Ghani dans un discours à la nation à l’occasion de la fête de l’indépendance a déclaré qu'il n'était pas «prêt à faire des compromis» avec les talibans, malgré la pression des nations extérieures. Press Office of President of Afghanistan / AFP
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Le chemin vers la paix est définitivement semé d’embûches en Afghanistan. Alors que le président Ashraf Ghani a autorisé il y a un peu plus d’une semaine, par décret, la libération de 400 prisonniers talibans parmi les plus dangereux, le processus est suspendu.

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De notre correspondante à Kaboul,

Le processus de libération est à l’arrêt parce que les autorités afghanes exigent la libération de la totalité des 1 000 membres des forces de sécurité captifs des talibans. Ils refusent de poursuivre les libérations des détenus talibans tant que les leurs ne sont pas aussi libérés.

D'après les termes de l’accord tacite passé entre les talibans et les autorités afghanes, les talibans exigent la libération de 5 000 prisonniers. Le gouvernement afghan demande pour sa part que 1 000 membres des forces de sécurité aux mains des insurgés soient relâchés.

Les talibans affirment qu’ils l’ont tous été. Faux répond le gouvernement de Kaboul. Celui-ci a déjà libéré 4 680 prisonniers. Il en reste quelques centaines. Ce sont les prisonniers de grande valeur. 156 parmi eux ont été condamnés à la peine de mort. Plusieurs ont été inculpés pour leur participation à des attaques sanglantes contre des cibles afghanes et étrangères.

►À écouter aussi : Afghanistan: les autorités libèrent 400 prisonniers talibans

La France et l'Australie opposées à la libération de certains détenus

Il semblerait que les requêtes de la France et de l'Australie jouent un rôle dans la suspension du processus. Des discussions sont en cours, fait savoir une source gouvernementale. La France demande que trois détenus ne soient pas libérés. L’un est responsable de la mort d’une humanitaire, deux autres sont responsables de celle de cinq soldats.

L’Australie a fait une requête identique au sujet d’autres détenus. Les États-Unis auraient fait de même mais si ce n’est pas officiel. Car il faut bien comprendre que ce sont les États-Unis qui chapeautent le processus depuis le début, à travers des têtes à têtes avec les talibans auxquels le gouvernement afghan n’a jamais participé.

La libération des prisonniers talibans est une exigence des insurgés pour s’asseoir à la table des négociations. Le gouvernement afghan a tenté d’y résister le plus longtemps jusqu'à céder aux pressions des États-Unis. Mais il refuse de céder complétement si les talibans ne respectent pas les termes de l’accord.

« Nous ne sommes pas prêts à faire des compromis. Si le monde fait des compromis sur nous, nous nous tiendrons debout et dirons non au monde », a martelé Ashraf Ghani dans un discours à la nation à l’occasion de la fête de l’indépendance. Mais quelle est sa réelle marge de manœuvre ? Elle est bien mince selon plusieurs analystes. L’Afghanistan est pieds et poings liés aux États-Unis car il s’agit de son plus grand contributeur financier.

Un processus de paix voués à l'échec ?

Ils sont plusieurs à le penser en Afghanistan que le proccesus de paix ets voué à l'échec et ce pour plusieurs raisons différentes. Mais retenons un seul élément. L’absence d’équilibre dans les compromis. Depuis le début des discussions à Doha au Qatar entre les talibans et les Américains, le gouvernement est mis de côté et c’est lui qui fait le plus de compromis.

Il est acculé. Il subit les pressions constantes des États-Unis pour tout faire pour entamer des négociations de paix. Les talibans eux sont en position de force car militairement leur guérilla n’a fait que se renforcer au cours des dernières années. « Ils ont le temps » disent-ils. Et ils le prennent alors que les États Unis pressent le pas pour se retirer du pays et poussent l’État afghan à accepter toutes leurs conditions même les plus difficiles.

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