Accéder au contenu principal

Afghanistan: les pourparlers de paix annoncés au Qatar

La libération de quelque 5000 prisonniers talibans était une des conditions pour débuter les pourparlers de paix. Ici, des talibans libérés le 13 août 2020 traversent la prison Pul-e-Charkhi, à Kaboul.
La libération de quelque 5000 prisonniers talibans était une des conditions pour débuter les pourparlers de paix. Ici, des talibans libérés le 13 août 2020 traversent la prison Pul-e-Charkhi, à Kaboul. National Security Council of Afghanistan/Handout via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les talibans et le gouvernement afghan entameront des négociations de paix directes samedi 12 septembre à Doha. Ces pourparlers retardés depuis plus de six mois devraient essayer de mettre un terme à près de 19 ans de conflit entre les deux parties en Afghanistan.

Publicité

« À moins que des problèmes de dernière minute ne surgissent, l'équipe de négociateurs (du gouvernement) partira demain pour Doha, et nous espérons que les discussions se dérouleront peu après, peut-être samedi », a déclaré à l'AFP une source gouvernementale. La présidence afghane, sur Twitter, a ensuite annoncé le départ vendredi pour le Doha de ses 21 négociateurs.

Les talibans ont annoncé être prêts à participer aux négociations. « Il y a une bonne possibilité que les négociations démarrent samedi », a confirmé une source talibane dans un communiqué. Puis d'insister sur leur intention de « faire avancer le processus de négociation » et « d'apporter une paix globale et un système islamique pur dans le cadre de (leurs) valeurs islamiques et de (leurs) intérêts nationaux supérieurs ».

Les derniers talibans détenus libérés

« Le dernier problème majeur, qui était le transfert de six talibans, est résolu, alors qu'ils sont transférés à l'heure qu'il est à Doha », a indiqué une source gouvernementale. Une information confirmée par les talibans.

Plusieurs pays, dont l'Australie et la France, s'opposent à la libération de ces détenus, coupables d'avoir tué leurs ressortissants en Afghanistan.

Prévus en mars, les pourparlers de paix, inédits entre les deux camps, ont été reportés régulièrement du fait de désaccords persistants autour d'un échange de prisonniers : quelque 5 000 talibans contre un millier de membres des forces afghanes.

Cette disposition, inscrite dans un accord américano-taliban signé en février au Qatar, qui entérine le retrait des troupes étrangères d'Afghanistan d'ici mi-2021, a dès le départ suscité l'hostilité de Kaboul, non-signataire du texte.

Les autorités afghanes ont particulièrement renâclé à relâcher les 400 derniers insurgés, accusés ou condamnés pour des crimes graves, qu'ils ont fini par libérer la semaine dernière, à l'exception d'une poignée de détenus, dont certains sont en route pour le Qatar.

Mike Pompeo à Doha

Donald Trump a dans la foulée fait savoir que son secrétaire d'État Mike Pompeo quitterait dès jeudi soir Washington « pour un voyage historique à Doha ». « Nous nous entendons très bien avec les talibans en Afghanistan »,  a assuré le président américain au sujet des insurgés avec lesquels Washington a signé le 29 février un accord historique. Plus froid, Mike Pompeo a appelé les belligérants à ne pas « gâcher » cette « occasion historique » de mettre fin à la guerre en Afghanistan. « J'exhorte les négociateurs à faire preuve du pragmatisme, de la retenue et de la flexibilité nécessaires pour que ce processus soit couronné de succès », a-t-il dit dans un communiqué.

Les talibans se sont engagés à ne plus laisser des terroristes opérer dans les zones qu'ils contrôlent, à réduire les violences et à négocier pour la première fois directement avec le gouvernement de Kaboul. En contrepartie, l'armée américaine a annoncé un calendrier de retrait total de ses troupes d'Afghanistan.

Malgré les reports successifs des pourparlers et un niveau de violence toujours élevé, les États-Unis ont jusqu'ici tenu leur calendrier de retrait, et entendent annoncer une nouvelle réduction des effectifs. Ce qui permettrait à Donald Trump d'afficher un bilan de « faiseur de paix » à moins de deux mois de la présidentielle du 3 novembre aux États-Unis, malgré ses revers dans les plus graves crises internationales de son mandat.

(Avec AFP)

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.