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Rohingyas: des soldats birmans racontent avoir reçu l’ordre de «tuer tout le monde»

Des hommes Rohingya sont détenus par les forces birmanes dans le village de Inn Din, dans l'État de l'Arakan, le 2 septembre 2017.
Des hommes Rohingya sont détenus par les forces birmanes dans le village de Inn Din, dans l'État de l'Arakan, le 2 septembre 2017. Handout/via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Pour la première fois, deux anciens soldats de l’armée birmane ont affirmé avoir reçu l’ordre « de tuer tout le monde », appartenant à la minorité Rohingya. Dans des interrogatoires filmés, révélés mardi 8 septembre, ces deux témoins pourraient fournir à la Cour Pénale internationale, et son enquête ouverte fin 2019, la piste d’une tentative de génocide. Ils racontent les massacres de l’été 2017, qui ont conduit à l’exode au Bangladesh de deux tiers de cette population.

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Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

Les deux anciens soldats détaillent les meurtres, les viols et les pillages. Ils nomment les chefs, fournissent leurs grades… et rappellent les ordres reçus : « Nous les abattions et nous nous débarrassions d’eux », dit l’un de ces soldats. Il fallait appliquer l’ordre « de tuer tout le monde, enfants ou adultes », de « tous les exterminer », « tout tuer »

Les deux soldats, enrôlés dans les bataillons d’infanterie dédiés à l’opération de 2017, avouent leur participation dans l’exécution de femmes, d’hommes et d’enfants. L’un raconte que son groupe a tué 80 musulmans et rasé une vingtaine de villages. Les corps ont ensuite été enterrés dans des fosses communes, localisées par ces anciens soldats.

Ces vidéos ont été tournées en juillet par la rébellion de l’Arakan Army (AA), une milice considérée comme un groupe terroriste par le gouvernement birman.

Mais le contexte dans lequel elles ont été réalisées demeure flou. Sont-ils de véritables repentis ou ont-ils fait ces aveux sous la contrainte ? Ont-ils déserté l’armée birmane ou été fait prisonniers par l’AA ? Mi-août, ils auraient rejoint la frontière du Bangladesh. De là, ils ont demandé la protection du gouvernement.

Plusieurs sources indiquent que les deux hommes sont désormais sous la garde de la Cour pénale internationale. Mais à La Haye, le bureau du procureur s’abstient de commenter une enquête toujours en cours.

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