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Thaïlande: des milliers de personnes défient la monarchie sur le campus de Thammasat

Des manifestants pro-démocratie à Bangkok le 20 septembre 2020.
Des manifestants pro-démocratie à Bangkok le 20 septembre 2020. AP Photo/Gemunu Amarasinghe
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En Thaïlande, une nouvelle journée de mobilisation contre le gouvernement doit avoir lieu ce dimanche 20 septembre. Entre 50 000 et 80 000 personnes étaient dans les rues samedi pour exiger de nouvelles élections et une réforme de la monarchie.

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Ils se sont réveillés au petit jour et sous un ciel pluvieux sur l’immense campus de l’université de Thammasat, dans le centre historique de la capitale. Le week-end de mobilisation aboutit à deux réalisations concrètes : la fondation, annoncée samedi 19 septembre au soir, d’un nouveau parti politique, le parti du Peuple nouveau, qui rassemblera un certain nombres de personnalités politiques et des leaders du nouveau mouvement étudiant, et la pose très symbolique ce dimanche matin, à l’endroit où avait mystérieusement disparu il y a quelques temps une plaque commémorative de la fin de la monarchie absolue, d’une nouvelle plaque qui rappelle que la Thaïlande appartient à son peuple et non pas à son roi, rapporte notre correspondante à Bangkok, Carol Isoux.

C’est le sujet qui divise le plus la population thaïlandaise, dont une bonne partie estime que le caractère sacré de la monarchie est constitutif de l’identité thaï et qu’il ne saurait être remis en question, surtout pas en public. Si le gouvernement n’a pas encore réagi, sur les réseaux sociaux, la colère des ultra-royalistes gronde.

Thammasat, un symbole de la contestation étudiante

Le fait que la contestation s'enracine sur le campus de l’université de Thammasat n'a d'ailleurs rien d'un hasard. Il s'agit d'un lieu symbolique et chargé d'histoire pour les étudiants thaïlandais. 

Thamassat, c'est l'histoire d'un massacre. Une tâche indélébile ancrée dans la mémoire étudiante. En octobre 1976, le mouvement pro-démocratie se rassemble tous les jours sur ce campus. À l'époque, c'est déjà l'histoire d'une jeunesse qui ne veut pas des militaires et qui se bat contre les coups d'État. Le point de ralliement naturel, c'est cette université progressiste, quartier général des intellectuels de gauche où traînent aussi des cadres du Parti communiste.

45 morts, pas de responsables

Le 6 octobre, la police et les miliciens royalistes envahissent les lieux et la violence atteint un niveau impensable. Les forces de l'ordre tirent à balles réelles sur les manifestants désarmés. Ceux qui tentent de fuir sont abattus, d'autres sont lynchés, pendus à des arbres. Les photos prises par la presse montrent des hommes s'acharner sur les cadavres de plusieurs étudiants déjà morts depuis longtemps. 

Qui est responsable du carnage de Thamassat ? Officiellement, on ne le sait toujours pas. Le sujet reste tabou, et une question demeure : quel est le degré d'implication de la monarchie dans ce bain de sang qui a coûté la vie à plus de 45 personnes ?

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