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Inde: les agriculteurs inquiets de la libéralisation de leur secteur

Agriculteur et forces de l'ordre à la frontière Delhi-Uttar Pradesh, lors d'une manifestation contre les loi agricoles adoptées par le Parlement indien, le 25 septembre 2020.
Agriculteur et forces de l'ordre à la frontière Delhi-Uttar Pradesh, lors d'une manifestation contre les loi agricoles adoptées par le Parlement indien, le 25 septembre 2020. REUTERS/Danish Siddiqui
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Des dizaines de milliers de paysans manifestent ce vendredi 25 septembre dans de nombreux États du nord de l’Inde, à l’appel d’une intersyndicale et des partis de l’opposition. Ils condamnent trois nouvelles lois qui viennent d’être adoptées par le Parlement, et qui accélère la libéralisation de l’agriculture: les produits agricoles pourront être vendus en dehors des marchés réglementés, ce qui permet aux entreprises privées de négocier directement et de passer des contrats avec les agriculteurs.

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De notre correspondant en Inde, Sébastien Farcis

Jusqu’à présent, les agriculteurs indiens ne pouvaient vendre leurs récoltes que dans les marchés régionaux, sous contrôle des autorités locales. Ils vendront maintenant où ils veulent et les entreprises pourront leur acheter directement leurs produits, et passer des contrats d’exclusivité avec eux. Les compagnies pourront ensuite stocker les céréales sans limites de durée.

Inquiétudes

Cette libéralisation inquiète Randeep Kang, producteur de graines de moutarde au Rajasthan : « Quand j’ai voulu vendre mes graines, le prix a été fixé à 3 800 roupies le quintal, ce qui est déjà moins élevé que le prix minimum censé être garanti par le gouvernement. Demain, si les entreprises ont les mains libres, elles vont pouvoir faire pression sur les pauvres agriculteurs pour qu’ils vendent encore moins cher. elles stockeront alors et vendront quand les prix auront remonté ».

Chengal Reddy, conseiller au consortium des agriculteurs indiens, considère quant à lui que la réforme est positive, mais qu’elle doit être améliorée: « Les entreprises privées aideront à moderniser l’agriculture indienne, pour améliorer la qualité et le rendement. Cela a fonctionné dans le secteur du lait. Par contre le gouvernement doit s’assurer que toute personne qui achète en dessous du prix minimum garanti sera poursuivi au pénal ».

Manifestations

Plusieurs partis d’opposition, dont celui du Congrès, prévoient de continuer les manifestations et devraient se servir de cette clameur lors de la campagne des élections régionales du Bihar, le mois prochain.

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