Kirghizistan: l'ex-président libéré et le siège du pouvoir envahi par des manifestants

Des manifestants forçant les grilles du siège du pouvoir à Bichkek au Kirghizistan, le 5 octobre 2020.
Des manifestants forçant les grilles du siège du pouvoir à Bichkek au Kirghizistan, le 5 octobre 2020. REUTERS/Vladimir Pirogov

Des manifestants ont envahi tôt mardi le siège du pouvoir à Bichkek, capitale du Kirghizstan, contestant les résultats des élections législatives de dimanche, et ont libéré de prison l'ancien président Almazbek Atambaïev, selon plusieurs médias locaux. Sooronbay Jeenbekov, le président du pays assure cependant, ce mardi 6 octobre, contrôler la situation.

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Sooronbaï Jeenbekov « contrôle la situation et a exprimé sa confiance que les forces politiques vont placer l'intérêt du pays au-dessus des leurs », a indiqué la présidence, avant de laisser entendre que les résultats des législatives, à l'origine des heurts, pourraient être revus. Lors de ceux-ci, les manifestants, qui réclament la démission du président et la tenue de nouvelles élections, n'ont rencontré aucune résistance, ont indiqué des témoins.

Des accusations de fraudes, notamment d'achats de voix, ont terni le scrutin organisé dimanche. Thomas Boserup, le chef de la mission de l'OSCE venue observer les élections, avait jugé que les élections s'étaient « bien déroulées dans l'ensemble » mais que « des allégations crédibles d'achats de voix suscitent une inquiétude sérieuse ».

Des photos publiées par le service kirghiz de Radio Free Europe ont montré des manifestants déambulant dans le principal centre du pouvoir au Kirghizistan. Plusieurs autres médias locaux ont également rapporté la prise du bâtiment par les protestataires.

Une foule de 2 000 personnes

Un témoin anonyme ayant participé au mouvement indique que des protestataires issus d'une foule de quelque 2 000 personnes s'étaient forcé un passage dans le bâtiment. « Personne n'essayait de le protéger lorsque la foule est entrée », a-t-il indiqué. « Nous nous sommes arrêtés, nous avons chanté l'hymne national et nous sommes entrés dans le bâtiment sans résistance », a-t-il ajouté, précisant que seuls quelques « agents techniques » se trouvaient alors à l'intérieur et se sont rapidement retirés.

Lundi, au moins 120 personnes avaient été hospitalisées à Bichkek après des heurts entre la police et des manifestants qui contestaient les résultats des élections législatives de la veille dominées par deux partis proches du pouvoir. La manifestation avait été organisée à l'appel de cinq partis politiques qui ont échoué à atteindre le seuil de 7 % nécessaire pour entrer au Parlement.

Une libération sans violence

Les manifestants ont, dans la foulée, libéré de prison l'ancien président Almazbek Atambaïev « sans faire usage de la force ni des armes », a affirmé l'un de ses partisans, Adil Turdukuov, qui a dit avoir assisté à la scène.

La cellule de l'ancien dirigeant, qui purgeait une peine de onze ans de prison et est un ancien protégé de l'actuel président, se trouvait dans le bâtiment du Comité pour la sécurité nationale et les gardiens n'ont opposé aucune résistance selon lui. Des vidéos diffusées peu après sur les réseaux sociaux ont montré M. Atambaïev saluant ses partisans.

De possibles nouvelles élections

Pour tenter d'apaiser les tensions, le bureau de Sooronbay Jeenbekov a annoncé lundi soir que le président de 61 ans, élu en 2017, rencontrerait mardi les dirigeants de 16 partis ayant participé aux élections.

En soirée, le parti pro-présidentiel Birimdik, arrivé en tête avec 25 % des voix, a annoncé qu'il acceptait l'idée d'une nouvelle élection, appelant tous les autres partis ayant dépassé les 7 % à faire de même. Birimdik et le parti Mekenim Kirghizstan, tous deux pro-Jeenbekov et favorables à une intégration renforcée de Bichkek au sein de l'Union économique eurasiatique promue par Moscou, sont au coude à coude avec environ un quart des voix.

(Avec AFP)

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