Accéder au contenu principal

Mort d’un acteur indien: des milliers de faux comptes Twitter créés pour propager des rumeurs

Panneau d'affichage pour la campagne demandant justice après le suicide de l'acteur indien Sushant Singh Rajput, à Bombay le 28 septembre 2020.
Panneau d'affichage pour la campagne demandant justice après le suicide de l'acteur indien Sushant Singh Rajput, à Bombay le 28 septembre 2020. Indranil MUKHERJEE / AFP

L’enquête sur le suicide d’un acteur célèbre de Bollywood enflamme non seulement les passions depuis quatre mois en Inde, mais il occulte même les problèmes liés au Covid-19 dans les médias, car beaucoup affirment que l’acteur a été assassiné. Or ce feuilleton médiatique semble avoir été gonflé grâce à une campagne en ligne orchestrée par le parti au pouvoir. Pour ce faire, des dizaines de milliers de faux comptes ont été créés sur Twitter, que la police vient de révéler avoir trouvés.

Publicité

De notre correspondant à New Delhi,

Près de 80 000 comptes sont suspectés d’avoir été créés pour mener cette campagne. Ce sont de « faux comptes », selon la police de Bombay, ouverts depuis l’étranger juste après la mort de l’acteur Sushant Singh Rajput.

Ces comptes publient parfois des messages en langues étrangères, mais en utilisant toujours les mots-clés en faveur de la thèse du meurtre. La police suspecte certains d'entre eux d’être de simples robots utilisés pour décupler l’effet de cette campagne sur Twitter et faire ainsi gonfler la popularité de cette théorie du complot.

Le BJP soupçonné

Des chercheurs de l’université de Michigan ont en effet étudié comment est née cette campagne. Ils ont démontré, à partir de l’analyse de plus de 100 000 tweets, que ce sont les membres du parti nationaliste hindou du BJP, au pouvoir à New Delhi, qui l’ont orchestrée à partir de la mi-juin. L’objectif était de discréditer le gouvernement régional de Bombay, tenu par l’opposition.

La police cherche maintenant à savoir si le BJP aurait été à l’origine de la création de ces faux comptes et robots sur Twitter pour faire monter la pression. Un lien qui n’a pas encore été prouvé.

Script idéal pour les médias

Les télévisions, principalement celles proches du pouvoir, se sont rapidement emparées, et à deux mains, de cette histoire. Celle d'un bel et jeune acteur de Bollywood qui meurt mystérieusement - un meurtre soi-disant déguisé en suicide - à laquelle se sont ajoutées des fuites des autorités sur un prétendu réseau de drogue dans le milieu de ces stars. Le script, idéal, a été repris par ces chaînes d’information continue qui en ont fait un feuilleton épicé depuis quatre mois.

Cela pourrait être risible si cela n’avait pas entraîné le harcèlement médiatique puis l’incarcération de l’ex-petite amie de l’acteur, accusée, pour l’instant sans aucune preuve, d’organiser ce prétendu trafic de drogue ; si les réseaux sociaux n’avaient pas créé un climat de suspicion généralisée et de polarisation toxique ; et si, finalement, ce sujet n’avait pas ainsi occulté les énormes problèmes sociaux survenus à cause de la crise économique et sanitaire. Mais ce feuilleton médiatique a peut être justement cet objectif : servir de diversion.

À lire aussi : Inde: confrontée à une hausse des cas de Covid-19, Bangalore peine à imposer le port du masque

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.