Malaisie: le leader de l'opposition tente un coup de force pour renverser le gouvernement

Anwar Ibrahim, lors de sa conférence de presse, le 13 octobre 2020.
Anwar Ibrahim, lors de sa conférence de presse, le 13 octobre 2020. REUTERS/Lim Huey Teng

En Malaisie, la crise du coronavirus se superpose à une crise politique qui ne semble pas près de s'arrêter. En mars dernier, une nouvelle majorité parlementaire avait permis l’arrivée d’un nouveau Premier ministre. Mais ce mardi matin, le leader historique de l’opposition, Anwar Ibrahim, a pu s’entretenir avec le roi et il lui a assuré être le véritable chef de la majorité parlementaire, ce qui le rendrait de facto Premier ministre selon la loi malaisienne.

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Avec notre correspondante régionale à Kuala LumpurGabrielle Maréchaux

Il est arrivé sous les crépitements des flashs pour faire une annonce conséquente : « Il est aujourd’hui claire que nous avons pu rassembler une majorité imposante et convaincante. » Cette voix est bien connue des Malaisiens, Anwar Ibrahim est le leader historique de l’opposition. C’est aussi un homme qui revient de loin.

Mais celui qui a passé huit ans en prison après une condamnation douteuse de sodomie se revendique aujourd’hui comme leader légitime de la Malaisie : « Ce sera un gouvernement inclusif, qui ne sera pas motivé par des revanches personnelles. Nous sommes engagés pour réformer la Malaisie, pour l’indépendance judiciaire et l’État de droit. » 

S’il est difficile encore de savoir qui est ce « nous » dont parle Anwar, qui n’a pas révélé la liste détaillée de cette majorité qu’il revendique, il est en revanche aisé de comprendre ce qui motive ces propos : beaucoup suspectent une alliance avec un ancien ennemi, l’ex-Premier ministre Najib Razak actuellement poursuivi pour une gigantesque affaire de corruption.

Autre évidence de cette annonce fracassante : le calendrier choisi. À 8h d’un nouveau reconfinement de Kuala Lumpur, Anwar s’est pressé de réunir la presse quand il le pouvait encore. Dans ce contexte, il a conclu en demandant aux Malaisiens de la patience car pour que sa majorité soit reconnue, le roi va devoir convoquer les chefs des partis politiques malaisiens, ce qui ne sera pas une mince affaire car le palais royal s’est déclaré en état de semi-confinement.

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