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Covid-19: le Japon fait face à une inquiétante vague de suicides

L’impact du coronavirus sur la santé mentale des Japonais commence à se faire fortement sentir (Image d'illustration).
L’impact du coronavirus sur la santé mentale des Japonais commence à se faire fortement sentir (Image d'illustration). AP Photo/Eugene Hoshiko
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le Japon affronte une nouvelle vague de contaminations au coronavirus. Il s'agit déjà de la troisième, puisque la deuxième a déferlé dès cet été sur le pays. L’impact sur la santé mentale des Japonais commence à se faire sentir et alarme notamment les associations.

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Avec notre correspondant à Tokyo, Bruno Duval

Les dernières statistiques mensuelles relatives au nombre de suicides sont très mauvaises. Le Japon dénombre 15 à 20% de suicides supplémentaires par rapport à 2019 à la même période. Une hausse de 40% pour les femmes, et même de 75% pour les femmes de moins de 30 ans.

Un impact fort sur la précarité des femmes

La plupart occupaient un emploi précaire qu'elles ont perdu, et elles n'ont pas pu bénéficier d'allocations chômage en raison de leur statut professionnel. Le taux de pauvreté des femmes a donc beaucoup augmenté depuis le début de l'épidémie. Et voilà à présent que le taux de suicide progresse fortement.

Dans cette association de prévention à Tokyo, on est très préoccupé : « En 2011, après la catastrophe de Fukushima, les Japonais avaient tenu le coup moralement dans un premier temps. Mais six mois plus tard, le taux de suicide s'était envolé puis était longtemps resté à un niveau élevé. Ce phénomène inquiétant est en train de se reproduire... », assure un membre de l’association.

Une de ses collègues constate que « beaucoup de gens hésitent à nous consulter. Car ils savent qu'on est débordés et ont la hantise d'attraper le virus dans nos locaux exigus et bondés ». Un autre continue en précisant que « parler de soi, c'est difficile au Japon, où l'individu est toujours prié de s'effacer devant le collectif. En plus, ici, la dépression nerveuse est souvent associée à de la faiblesse. En fait, c'est le regard de la société sur la santé mentale qui devrait changer. »

Les jeunes, notamment, devraient davantage se confier : le taux de suicide des enfants et des adolescents a doublé par rapport à l'an dernier.

►À écouter aussi : Priorité santé - Journée européenne de la dépression

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