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Covid et économie: entre la Chine et la Mongolie, une «diplomatie du mouton» très efficace

Un berger et son troupeau de moutons le 11 septembre 2020 à Tonglia, dans la région chinoise de Mongolie-intérieure.
Un berger et son troupeau de moutons le 11 septembre 2020 à Tonglia, dans la région chinoise de Mongolie-intérieure. Noel Celis/AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les derniers convois de moutons mongols sont arrivés en Chine, a rapporté ce week-end la presse officielle chinoise. Au total, 30 000 ovins ont été promis par le président de Mongolie en février dernier pour aider le voisin chinois alors confronté à l’épidémie de Covid-19. Ce geste n’est pas seulement amical. Pour les éleveurs mongols, en situation de surproduction, le marché chinois est un débouché très important.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Dans un reportage de la télévision centrale de Chine dont les images ont été tournées à Erenhot, à la frontière sino-mongole, on peut voir des moutons dans des camions et des dizaines d’inspecteurs des douanes en combinaison de protection. Les ovidés sont arrivés vendredi 13 novembre, après leur mise en quarantaine en Mongolie dans le cadre de l’accord bilatéral passé lors de la visite du président Khaltmaa Battulga à Pékin le 27 février dernier.

« Dans les coutumes populaires en Mongolie, les moutons représentent l’amitié et la paix » rappellent les autorités mongoles. Cette « diplomatie du mouton » est associée à un enjeu économique pour une économie nomade qui a vu sa production de viande ovine plus que doubler en deux décennies.

Entrer dans le marché chinois

« La Mongolie est traditionnellement un pays de culture nomade et une économie basée sur le bétail et la production de laine, explique Martin Raiser, directeur pour la Chine, la Mongolie et la Corée à la Banque Mondiale. Aujourd’hui, la Mongolie compte environ 70 millions de moutons pour un peu plus de 3 millions d’habitants. La production a augmenté de manière importante depuis le début des années 2000, où on comptabilisait seulement 30 millions de moutons ».

« Dans un écosystème fragile, la qualité de la viande et la durabilité de cette manière de produire est de plus en plus remise en cause, poursuit Martin Raiser. La Mongolie a intérêt à entrer dans le marché chinois, afin d’augmenter la qualité de sa production et de ses élevages ».

La viande envoyée dans le Hubei

Le cadeau d’Oulan-Bator peut-être aussi compris dans ce contexte. À Erenhot, dans les jours qui viennent, les moutons seront abattus et leur viande envoyée notamment dans la province du Hubei au centre de la Chine, où la pneumonie virale Covid-19 a été découverte l’hiver dernier.

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