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Hong Kong: d'anciens députés arrêtés pour des heurts au Parlement

Le député pro-démocrate Ray Chan expulsé de l'enceinte du parlement de Hong Kong pour avoir jeté un mélange malodorant près de la présidente de séance lors du vote d'une loi jugée liberticide sur l'hymne chinois, le 8 mai 2020.
Le député pro-démocrate Ray Chan expulsé de l'enceinte du parlement de Hong Kong pour avoir jeté un mélange malodorant près de la présidente de séance lors du vote d'une loi jugée liberticide sur l'hymne chinois, le 8 mai 2020. AP - Kin Cheung
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Trois anciens députés hongkongais ont été arrêtés pour avoir participé au printemps à des désordres au Conseil législatif, le Parlement local, dans le but de retarder l’adoption d’un texte pénalisant toute insulte à l'hymne national et au drapeau chinois. L’opposition dénonce un gouvernement qui devient tyrannique alors qu'il n'y a plus aucun député de l'opposition au Parlement depuis la démission en masse du camp pro-démocratie. 

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Avec notre correspondante sur place, Florence de Changy

Ted Hui, Eddie Chu et Ray Chan, trois anciens députés de l’opposition, actifs et populaires, ont été inculpés pour « outrage » et pour avoir « administré une substance nocive dans le but de blesser, nuire ou énerver ». Ils doivent se présenter au tribunal ce jeudi après-midi 19 novembre. L'infraction aux lois qu’ils sont accusés d’avoir violées est passible de trois ans de prison.

Fin mai, ils avaient renversé un mélange de plantes pourries et d’engrais liquide dans la chambre des députés. Ce qui avait taché la moquette mais aussi, selon la police, « perturbé mentalement » le président du Parlement,  Andrew Leung. 

Surtout, la séance avait dû être suspendue et reprise dans une autre pièce. La loi pénalisant le non respect de l’hymne national et du drapeau chinois avait finalement été votée.

Folklore toléré jusque-là 

Jusqu’à présent les échauffourées au Parlement étaient quasiment vues comme un folklore, regrettable mais malgré tout toléré. Le comportement de certains députés du camp pro-Pékin est d’ailleurs loin d’être irréprochable. Mais lorsque Ray Chan avait lui-même porté plainte contre un député pro-Pékin qui l’avait traîné au sol, sur plusieurs mètres en le tenant par le col de chemise, sa plainte n’avait pas été acceptée.  

Le bureau de l’Union européenne à Hong Kong a exprimé son inquiétude et indiqué suivre le cas de près. 

La Chine accusée de violer ses engagements internationaux

Cette triple inculpation intervient alors que s'intensifie la répression politique de l'opposition pro-démocratie au Parlement hongkongais. Le gouvernement central à Pékin a décrété une nouvelle résolution permettant d'exclure des élus du Conseil législatif de Hong Kong. Une démarche vivement critiquée ce mercredi par l'alliance « Five Eyes » (les « Cinq yeux ») regroupant les services de renseignement de cinq pays anglo-saxons, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. La démarche chinoise est destinée à faire taire les opposants, selon cette alliance.

« Nous appelons les autorités centrales chinoises à revoir leurs actions contre la législature élue de Hong Kong et à réintégrer immédiatement les membres du Conseil législatif », ont déclaré les ministres des Affaires étrangères des cinq pays dans un communiqué conjoint.

Quatre députés déjà exclus du Parlement local

Hong Kong a exclu la semaine dernière quatre élus de l'opposition du Conseil législatif juste après que Pékin a donné aux autorités locales de nouvelles attributions pour endiguer la contestation. Cette annonce a provoqué une vague de démissions des élus pro-démocratie dans l'ancienne colonie britannique.

► À lire aussi : Hong Kong: les députés pro-démocratie du Parlement annoncent leur démission collective

À l'image du Royaume-Uni, qui a accusé la Chine d'avoir de nouveau violé le traité régissant la rétrocession de Hong Kong, les puissances occidentales s'alarment des atteintes au degré d'autonomie dont disposait le territoire en vertu de ce traité.

« Les actions de la Chine constituent une violation évidente de ses obligations internationales en vertu de la Déclaration conjointe sino-britannique de 1984, juridiquement contraignante », ont déclaré les pays des « Five eyes ».

À Hong Kong, le ministère chinois des Affaires étrangères a réagi en affirmant que toute tentative extérieure visant à mener ou à faire pression sur Pékin pour obtenir des concessions était « vouée à l'échec ». « La détermination de la Chine à défendre sa souveraineté nationale, sa sécurité et ses intérêts de développement est inébranlable », a ajouté le ministère.

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