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Covid-19: l'Indonésie sur un chemin de crête pour retrouver la croissance

Affiche de sensibilisation au port du masque avec le président indonésien Joko Widodo, à Jakarta le 26 août 2020.
Affiche de sensibilisation au port du masque avec le président indonésien Joko Widodo, à Jakarta le 26 août 2020. AP - Dita Alangkara

Les 267 millions d’Indonésiens sont particulièrement impactés par le coronavirus, tant sur le plan sanitaire qu’économique. La Banque mondiale estime qu’entre 5 et 8 millions d’habitants pourraient retomber dans la pauvreté. 

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De notre correspondante en Asie du Sud-Est, 

En refusant un confinement général, le président indonésien Joko Widodo expliquait fin mars qu’il voulait éviter un scénario semblable à celui de l’Inde ou de l’Italie. Deux pays où un confinement très sévère avait eu des conséquences économiques dramatiques pour les plus précaires. Mais huit mois plus tard, le pari de l’Indonésie ne semble ni gagnant sur le plan sanitaire ni sur le plan financier. 

L’archipel combat toujours une très longue première vague, mais n’a jamais appliqué de confinement général ou de tests massifs. En outre, 6 millions d’Indonésiens ont déjà perdu leur travail, à cause de certaines restrictions locales et de la fermeture des frontières qui ont été dramatiques pour le secteur du tourisme et des services. 

Or, la moitié des travailleurs indonésiens travaillent de manière informelle dans ces domaines, comme chauffeur de taxi ou vendeur ambulant par exemple. Ils ont été les premiers touchés.

Des aides pas toujours versées 

Le gouvernement indonésien a certes mis en place des aides pour sauver l’économie et les plus précaires. Le montant est plutôt conséquent : 48 milliards de dollars. Pour être efficace et relancer la consommation des ménages, qui représentent plus de la moitié du PIB normalement, des versements en argent liquide ont notamment été prévus. Mais ils ne sont pas toujours utilisés car ils se fondent sur des données un peu datées des allocations, et car il faut actuellement passer par une procédure longue et compliquée pour en bénéficier. 

Mais à long terme, l’Indonésie ne compte pas continuer cet interventionnisme de crise et veut retrouver une orientation plus libérale. En effet, le président Joko Widodo a été réélu l’année dernière avec la promesse de tout faire pour qu’une croissance à 5% soit atteinte chaque année. Mais 2020 a mis à mal ses plans avec une récession inédite pour l’Indonésie.

Grave impact social

Le pays était parvenu à l’éviter en 2005 après le tsunami très meurtrier pour le pays et en 2008 lors de la crise financière mondiale. Aujourd’hui, Joko Widodo espère bien retrouver rapidement le chemin de la croissance. Il parie pour cela sur l’investissement étranger. Un ensemble de lois ont ainsi été votées début octobre pour rendre l’Indonésie attractive. Elles inquiètent beaucoup les syndicats car  le pays a dû considérablement assouplir son code du travail, par exemple sur le salaire minimum, le temps de travail ou l'assurance chômage . 

Mais en attendant de voir si ce nouveau cadre juridique permettra de sortir de la précarité les 10 % d’Indonésiens sous le seuil de pauvreté, le coronavirus a déjà un sérieux impact social. Le nombre de mariages précoces a par exemple augmenté. Car lorsqu’une adolescente devient une bouche à nourrir de plus, la marier est une solution toute trouvée pour soulager un foyer. 

► À lire aussi : Indonésie: en dépit des mesures de Joko Widodo, le pays entre en récession

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