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La Chine impose de très lourdes surtaxes aux vins australiens

Des bouteilles de Penfolds Grange, un vin d'Australie, photographiées dans un magasin spécialisé à Sydney, le 4 août 2014.
Des bouteilles de Penfolds Grange, un vin d'Australie, photographiées dans un magasin spécialisé à Sydney, le 4 août 2014. David Gray/Reuters
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La Chine a annoncé ce vendredi 27 novembre l'imposition de lourdes mesures antidumping contre les vins australiens importés, accentuant sa pression sur Canberra dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes. 

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Cette décision appuie là où ça fait mal, car le vin pèse lourd dans la balance commerciale sino-australienne. Les rayons des magasins d’alimentation de Pékin et Shanghai suffisent à le constater : l’Australie est le premier exportateur de vin en Chine, avec plus de distributeurs de ses Merlot, Shiraz et autres Cabernet installés dans l’Empire du milliard et demi qu’elle ne compte de vignobles. Selon le communiqué diffusé par le ministère chinois du Commerce, ces taxes provisoires allant de 107,1 à 212,1 % sur les bouteilles de 2 litres et moins sont sont le résultat d'une enquête antidumping sur l'ensemble des vins australiens importés en 2019, lancée en août dernier par Pékin. Elles viennent compenser les pertes des viticulteurs chinois, face à qui est qualifié de dumping.

L'Australie « défendra vigoureusement » son secteur viticole contre les surtaxes imposées par Pékin, a assuré de son côté le ministre de l'Agriculture, David Littleproud, qui a indiqué vouloir saisir l'Organisation mondiale du commerce (OMC). 

Lente dégradation des relations

Cette mesure intervient surtout dans le cadre de la montée des tensions diplomatiques entre les deux pays. Les relations bilatérales ont commencé à se détériorer en 2018, lorsque Canberra a exclu le géant chinois des télécoms Huawei de la construction de son réseau 5G, au nom de la sécurité nationale. 

► À lire aussi : «N’allez pas en Australie», la bataille Pékin-Canberra post-coronavirus

Plus récemment, depuis que Canberra a osé demander officiellement une enquête indépendante sur l’origine de la pandémie de Covid-19, Pékin ne décolère pas. En mai, la Chine a suspendu ses importations de bœuf australien pour un problème d’étiquetage. En juin, la diplomatie chinoise déconseillait à ses étudiants d’aller faire des études en Australie, dénonçant des incidents « racistes ». En septembre, les deux derniers correspondants de la presse australienne ont dû quitter la Chine de crainte d’être arrêtés.

C’est maintenant au tour du vin, l’une des meilleures cartes des autorités chinoises alors que les deux parties doivent renouveler d’ici à la fin décembre l’accord commercial billatéral signé en 2015. « La Chine est de loin notre meilleur marché. C’est notre marché au prix le plus élevé et donc essayer de se diversifier vers d’autres marchés serait très difficile », confiait récemment le directeur général du groupe Australian Grape and Wine au Sydney Morning Herald. Sachant que si la situation perdure, de nombreux Chinois installés en Australie et lancés dans l’aventure viticole ont aussi beaucoup à perdre.

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