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À Pékin, une exposition éphémère pour dénoncer les violences faites aux femmes

L’exposition réunit une partie des installations «Me Too» qui ont circulé en Chine ces derniers mois dont des témoignages de femmes diffusés via une trentaine de haut-parleurs installés à même le sol.
L’exposition réunit une partie des installations «Me Too» qui ont circulé en Chine ces derniers mois dont des témoignages de femmes diffusés via une trentaine de haut-parleurs installés à même le sol. © Stéphane Lagarde / RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

« Éliminer les violences de genre », c’est le titre d’une une expo éphémère à Pékin que nous vous invitons à découvrir maintenant. La défense de la cause des femmes a progressé avec le mouvement « Me too » apparue en Chine en 2018, même si ce genre d’exposition reste rare.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Des monologues de femmes harcelées par un professeur, un employeur ou un conjoint. Les hauts parleurs chuchotent à même le sol : « Il m’a serré dans ses bras. Il m'a embrassé la joue, puis mes lèvres... j'étais paniquée, je ne savais pas quoi faire ». Cette exposition itinérante, inaugurée le 25 novembre à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, n’aura duré qu’une semaine. Elle est hébergée jusqu’à ce mardi 1er décembre au soir dans le hall du Centre culturel français à Pékin. Sur les murs, des portraits robots des agresseurs et un tableau récapitulant les grandes dates du mouvement « Me too » en Chine.

« Du chemin à faire » 

Xu Ning, 24 ans, étudiante à l’université de la communication, se sent concernée : « Je n’ai pas été moi-même victime de harcèlement sexuel, mais certaines de mes amies ont vécu cela. C’est important d’avoir ce genre d’exposition pour éveiller les consciences. De nombreuses voix se sont fait entendre sur les réseaux sociaux ces derniers mois : plus seulement des victimes, nous avons maintenant des acteurs de la société civile, certaines personnalités qui osent prendre la parole. Il y a une plus grande prise de conscience de l’inégalité des sexes et des autres enjeux de la cause des femmes même s’il reste du chemin à faire. »

Sur les murs du Centre culture français de Pékin, des dessins façon portrait robot des agresseurs.
Sur les murs du Centre culture français de Pékin, des dessins façon portrait robot des agresseurs. © Stéphane Lagarde / RFI

Rareté 

Dans le pays où comme l’affirmait Mao, « les femmes représentent la moitié du ciel », l’opinion est régulièrement scandalisée par des violences commises au domicile par un mari, un compagnon ou les beaux-parents. Les organisateurs confient, hors micro, que ce genre d’exposition sur les violences faites aux femmes est rare en Chine. Un projet similaire a tenu une journée et demie à Canton dans le sud est-du pays. Et à Chengdu dans l’ouest, la police est intervenue au bout d’une semaine confisquant l’ensemble des installations.

« Resist » 

Du chemin reste à faire pour le mouvement Mee Too. Une mosaïque avec le mot « Resist » en anglais vient le rappeler aux visiteurs de l’exposition. Chaque couleur venant relever différentes entraves à l’expression de la cause des femmes par les autorités centrales ou provinciales. Le 1er janvier 2021, le nouveau code civil chinois entrera en vigueur. Son article 1010 stipule que les victimes d’agressions sexuelles, que ce soit par les mots, les images ou les actes, pourront saisir la justice. Les entreprises et les institutions sont par ailleurs incitées à prendre des mesures prévenant les violences de genre.

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