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Bangladesh: transfert des réfugiés rohingyas vers l'île de Bhasan Char, une réelle chance?

Sur cette photo datée du 19 décembre 2019, les bâtiments destinés à accueillir des réfugiés rohingyas sur l'île de Bhasan Char, dans la baie du Bengale.
Sur cette photo datée du 19 décembre 2019, les bâtiments destinés à accueillir des réfugiés rohingyas sur l'île de Bhasan Char, dans la baie du Bengale. AP - Saleh Noman
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Environ 1 500 Rohingyas réfugiés dans les camps du Bangladesh ont été transférés jeudi 3 décembre sur une île aménagée dans la baie du Bengale, première étape d’un large plan de déménagement pour une partie du million de Rohingyas qui ont fui la Birmanie voisine, et ce malgré les protestations des Nations unies et des groupes de défense des droits humains, qui soutiennent que cette île ressemble davantage à une prison qu’à un camp de réfugiés.

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Avec notre correspondant régional, Sébastien Farcis

Pour ces réfugiés rohingyas, ce transfert vers l’île de Bhasan Char pourrait représenter une réelle chance : ils seront accueillis dans des immeubles en dur, ce qui est bien mieux que les tentes boueuses et insalubres des camps de Cox Bazar. Le problème, c’est qu’ils se trouvent à plusieurs heures de la côte, avec presque aucun moyen de commercer, loin de tout hôpital, et surtout sur une île potentiellement inondable.

Trois cents Rohingyas, secourus en mer ces derniers mois, y résident déjà, et selon les témoignages recueillis par Human Rights Watch, ils veulent en partir car ils ont l’impression d’être en prison: ils ne peuvent circuler librement sur l’île et sont frappés par les gardes.

Des volontaires forcés

Les 1 500 nouveau réfugiés transférés ce vendredi seraient volontaires, selon le gouvernement bangladais, mais lors du transfert, plusieurs ont confié aux journalistes présents que leur nom avait été placé sur la liste sans leur consentement ou qu’ils pensaient signer pour des rations alimentaires.

Les Nations unies n’ont pas pu participer à cette opération et encore moins visiter l’île. À terme, Dacca prévoit d'y déplacer plus de 100 000 réfugiés.

À lire aussi : Le Bangladesh transfère des réfugiés Rohingyas sur l'île controversée de Bhasan Char

Le plan est de reloger près de 100.000 personnes sur cette île. Nous ne savons même pas si cette île peut accueillir autant de personnes. Nous n’avons pas non plus assez d’information sur les équipements sanitaires. Des travailleurs humanitaires internationaux n’ont pas eu accès à l’île. Ce qui est particulièrement inquiétant est que même les réfugiés Rohingyas eux-mêmes n’ont pas reçu d’informations suffisantes sur les conditions d’accueil. Et nous pensons que les départs pour l’île se font de façon forcée. Mes collègues et moi avons interviewé une femme il y a quelques jours. Elle avait trouvé son nom sur la liste des personnes à reloger. Pourtant, elle n'avait jamais donné son nom de famille de son propre gré. Elle préférait alors se cacher, inquiète d'être forcée de partir sur l'île. La peur et l'incertitude sont palpables parmi les réfugiés dans le camp de Cox Bazar.

John Quinley, de l'ONG Fortify Rights

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