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Corée du Sud: Tokyo condamné pour esclavage sexuel durant la Seconde Guerre mondiale

Cette statue érigée près de l'ambassade japonaise à Séoul est un symbole des victimes d'esclavage sexuel durant la Seconde Guerre Mondiale.
Cette statue érigée près de l'ambassade japonaise à Séoul est un symbole des victimes d'esclavage sexuel durant la Seconde Guerre Mondiale. © AP/Ahn Young-joon
Texte par : RFI Suivre
3 mn

C’est un jugement lourd à l'impact diplomatique retentissant. Ce vendredi 8 janvier, un tribunal sud-coréen a jugé que Tokyo devait dédommager les victimes d’esclavage sexuel durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est la première fois qu’une telle sanction est prononcée.

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C’est une décision sans précédent écrit notre correspondant à Séoul, Nicolas Rocca, qui a un goût de victoire, pour les douze femmes qui avaient demandé réparation à Tokyo. Le tribunal du district de Séoul a décidé que le gouvernement japonais devait indemniser chaque victime à hauteur de 100 millions de wons, soit presque 75 000 euros.

C’est le premier dossier civil, sur le sujet très sensible de celles qui sont appelé des « femmes de réconfort », et qui étaient les esclaves sexuelles de l’armée japonaise. La question des dédommagements et de la reconnaissance de la part de Tokyo de ce crime de guerre, qui auraient concernée jusqu’à 200 000 victimes divise les deux voisins.

Tokyo ne reconnaît pas la légitimité du tribunal

Si les pays sont officiellement alliés face à la menace nucléaire nord-coréenne, Tokyo nie sa responsabilité dans ses abus commis en temps de guerre et refuse de reconnaître la légitimité du tribunal. Le gouvernement japonais considère qu’un État ne peut être jugé par un tribunal étranger. Au contraire, les victimes jugent que cela ne peut s’appliquer aux crimes de guerre, ou contre l’humanité.

Cette décision, a déjà provoqué la réaction du secrétaire général du cabinet japonais, qui a qualifié le verdict d’inacceptable, demandant à Séoul une réponse appropriée. Le même tribunal aura un jugement à donner la semaine prochaine sur un cas similaire concernant cette fois, vingt femmes.

Un problème déjà réglé ?

Le Japon conteste donc la légalité de ces poursuites, signale notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles : le dossier des esclaves sexuelles sud-coréennes ayant été réglé avec le traité de normalisation des relations entre les deux pays en 1965. Et par un accord entre Séoul et Tokyo en 2015, visant a résoudre une fois pour toutes, et de manière « irréversible », la question des « femmes de réconfort », ces quelques 200 000 Asiatiques, en majorité coréennes, réduites en esclavage sexuel par l'armée japonaise durant la guerre.

La lutte pour le souvenir des victimes menée par la principale ONG sud-coréenne a été affaiblie, l'an dernier, par des accusations de détournement de fonds. Le Conseil pour le souvenir de l'esclavage militaire japonais, une organisation non gouvernementale, n'aurait pas versé près de 80% des fonds collectés, ces cinq dernieres années, pour les dernieres victimes ou leurs familles. Le gouvernement japonais a toujours nié être directement responsable de ces violences sexuelles. Selon lui, les victimes avaient été recrutées par des civils. Et les bordels militaires étaient exploités par des entreprises privées.

►À écouter aussi : Grand reportage - Corée du Sud : le dernier combat des esclaves sexuelles de l’armée impériale japonaise

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