Thaïlande: peine record de 43 ans de prison pour avoir insulté la famille royale

Le roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, présidant une cérémonie royale au palais de Bangkok, en mai 2018. (Image d'illustration)
Le roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, présidant une cérémonie royale au palais de Bangkok, en mai 2018. (Image d'illustration) Panupong CHANGCHAI / THAI NEWS PIX / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Ce mardi 19 janvier, une Thaïlandaise a été condamnée à 43 ans de prison pour avoir insulté la famille royale, la plus lourde peine jamais enregistrée dans le royaume pour crime de lèse-majesté, selon les experts.

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La condamnation à l'encontre de cette Thaïlandaise intervient alors que le pays intensifie son utilisation de l'article 112 (lèse-majesté) à l'encontre des militants du mouvement pro-démocratie qui réclament une réforme profonde de la toute-puissante monarchie. Mardi, Anchan, dont le nom de famille est tenu secret afin de protéger ses proches, a été condamnée pour 29 chefs d'accusation de lèse-majesté, selon l'ONG Thai Lawyers for Human Rights (TLHR), qui suit de près les procès pour lèse-majesté.

Peine réduite de moitié

« Elle a été reconnue coupable pour chaque chef d'accusation et condamnée à trois ans pour chacun », ce qui a porté la peine globale à 87 ans, a ajouté l'ONG. Parce que l'accusée a reconnu les faits – elle a posté des messages audio hostiles à la monarchie sur les réseaux sociaux –, « le tribunal a réduit la peine de moitié », soit 43 ans et 100 jours. Ancienne fonctionnaire, Anchan avait été arrêtée en 2015, puis maintenue en détention provisoire pendant trois ans, en raison de sa proximité avec le podcasteur « DJ Banpodj », connu pour ses critiques acharnées contre la monarchie.

Avant la condamnation d'Anchan, la peine la plus sévère remontait à 2017, lorsqu'un homme avait été condamné à 35 ans pour une série de publications et de commentaires sur Facebook. L'utilisation de la loi sur le crime de lèse-majesté, appelée « 112 » pour sa section du Code pénal, reste controversée et son abolition est l'une des principales revendications du mouvement actuel mené par la jeunesse.

« Des motivations politiques »

La peine sévère prononcée mardi pourrait avoir « des motivations politiques », à savoir intimider les étudiants comme cela a pu fonctionner dans le passé, a déclaré l'analyste politique Titipol Phakdeewanich de l'université d'Ubon Ratchathani. Mais « quand on voit l'ampleur prise par le mouvement de la jeunesse depuis l'année dernière, c'est la preuve que (la loi) ne fonctionne plus comme le gouvernement le souhaite », a-t-il déclaré à l'AFP.

L'expert estime au contraire que « son utilisation peut détruire la réputation de l'institution de la monarchie aussi bien au niveau national qu'international ». Depuis le lancement du mouvement à la mi-juillet 2020, plus de quarante militants ont été inculpés en vertu de la loi de lèse-majesté pour avoir participé à des manifestations réclamant la démission du Premier ministre, la réécriture de la Constitution et la réforme de la monarchie.

(Avec AFP)

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