Covid-19 en Chine: la colère des confinés de Tonghua

Les autorités chinoises plaçant un quartier de Shanghai sous confinement, le 21 janvier 2021. (image d'illustration)
Les autorités chinoises plaçant un quartier de Shanghai sous confinement, le 21 janvier 2021. (image d'illustration) AP

Le nombre des contaminations au Covid-19 est en recul en Chine, suite à des mesures sanitaires drastiques prises dès l’apparition du moindre foyer épidémique, comme l’isolement de quartiers, voire de villes entières dans les zones où sont apparus les cas infections. Un verrouillage soudain et parfois mal supporté par les confinés. C'est le cas à Tonghua, ville de la province de Jilin, dans le nord-est du pays, où les autorités ont dû s’excuser auprès de leurs administrés.

Publicité

Avec notre correspondant à Pékin,

À la frustration exprimée par les habitants de Tonghua sur les réseaux sociaux ces derniers jours ont succédé les images des télévisions montrant des travailleurs sociaux et employés des comités de quartiers. Ils apparaissent vêtus de combinaisons de protection intégrale à la caisse des supermarchés, revenant les bras chargés d’œufs, de viandes et de légumes divers vers les résidences confinées.

Ici, des sacs de choux chinois – c’est la saison – à prix réduits, indiquent les médias officiels, un peu plus d’une semaine après le début du blocus de cette ville-préfecture près de la frontière nord-coréenne. Un blocus qui a soulevé la colère d’une partie de ses 2 millions d’habitants. Une véritable bronca s'est élevée sur le réseau Sina Weibo, avec des commentaires dénonçant des pénuries alimentaires.

► À lire aussi : Un an après Wuhan, la Chine se reconfine

La mairie « s'excuse au nom du gouvernement »

« Nous avons reçu 50 sacs de légumes pour 1 000 personnes » pouvait-on lire dans un commentaire. Un autre déplore le manque de réponses des autorités sur la hotline dédiée. D’où cette conférence de presse donnée par la maire-adjointe de Tonghua, dans la soirée du dimanche 24 janvier. « Je m’excuse sincèrement, au nom du gouvernement, de ne pas être en mesure de fournir les nécessités quotidiennes à temps pour nos citoyens et d’avoir causé des désagréments dans la vie de tous les jours », a déclaré Jiang Haiyan.

Des désagréments certains, notamment pour 300 000 résidents d’un quartier de la ville, considérés à risque et enfermés chez eux depuis jeudi. Ce lundi 25 janvier, le maire de la ville, Li Ping, répondait de nouveau aux questions de Bai Yansong, l’animateur de CCTV. L'édile, dans ses petits souliers, a affirmé que des efforts ont été faits pour assurer l’approvisionnement des quartiers. Insuffisants, estiment certains internautes ce mardi, qui assurent n’avoir toujours pas vu la couleur des œufs, de la viande et du lait dans le ravitaillement notamment. « Jusqu'à présent, la demande en produits de base des résidents n'est pas assurée, estime ainsi un weibonaute. Même si les travailleurs sociaux travaillent très dur, les citoyens enfermés chez eux vivent des moments difficiles », estime ainsi un weibonaute.

► À lire aussi : Chine: Pékin entend contrôler le récit de la pandémie

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail