Indonésie: des centaines de Rohingyas disparaissent d'un camp de réfugiés

Réfugiées rohingyas en 2017 (image d'illustration).
Réfugiées rohingyas en 2017 (image d'illustration). © 路透社 REUTERS/Hannah McKa

Plusieurs centaines de Rohingyas ont quitté un camp de réfugiés en Indonésie. Ils pourraient être arrivés en Malaisie voisine avec des passeurs, ont indiqué, ce jeudi 28 janvier, les autorités et d'autres sources.

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Il ne restait cette semaine que 112 réfugiés dans le camp de Lhokseumawe, dans le nord de l'île indonésienne de Sumatra, où près de 400 membres de la minorité musulmane originaire de Birmanie étaient arrivés entre juin et septembre de l'année 2020. « Nous ne savons pas encore où ils sont allés », a indiqué à l'AFP Ridwan Jalil, responsable du groupement en charge des réfugiés à Lhokseumawe. « Mais ils voulaient s'échapper à tout prix parce que c'était le but final », souligne-t-il.

Un recours à des réseaux de trafiquants

Ni les autorités ni le Haut-commissariat pour les réfugiés n'ont pu donner d'indication précise sur le sort des Rohingyas mais ils craignent qu'ils n'aient eu recours à des réseaux de trafiquants d'être humains. Au moins 18 réfugiés rohingyas de ce camp et plus d'une dizaine de trafiquants ont été arrêtés par la police récemment à Medan, une ville à plusieurs centaines de kilomètres de distance qui fait souvent office de base pour passer en Malaisie, à travers le détroit de Malacca.

Les autorités avaient recommandé aux réfugiés de ne pas quitter le camp, au vu des risques qu'impliquent ce voyage illégal, mais n'avaient pas le pouvoir légal de les cantonner dans le camp. « Ils sont partis malgré nos efforts pour leur rappeler les dangers et les risques qu'ils pourraient encourir en partant, notamment s'ils ont affaire à des passeurs », a souligné Mitra Suryono, porte-parole du HCR. Mais « nombre d'entre-eux ont de la famille dans d'autres pays, comme la Malaisie », a-t-elle ajouté. « Ca peut être l'une des raisons pour lesquelles ils veulent continuer leur voyage ».

Le dispositif de sécurité avait été réduit

Les ONG ont indiqué que les autorités avaient réduit considérablement le dispositif de sécurité autour du camp dont la supervision a été transférée à l'agence onusienne le mois dernier. L'Indonésie n'est pas signataire de la convention internationale sur le statut des réfugiés. Depuis une campagne de répression sanglante en 2017 par l'armée birmane, que des enquêteurs de l'Onu ont qualifié de génocide, quelque 750.000 Rohingyas ont fui au Bangladesh et ont dû s'installer dans d'immenses camps de réfugiés. Des milliers d'entre eux ont eu recours à des passeurs pour tenter un voyage dangereux qui peut prendre plusieurs mois, surtout vers la Malaisie, mais certains se retrouvent en Indonésie ou périssent en mer.

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