Birmanie: la communauté internationale met en garde contre un coup d'État de l'armée

La communauté internationale est inquiète du discours de l'armée de Birmanie évoquant la possibilité d'un coup d'État suite à des allégations de fraude lors des élections générales de novembre 2020.
La communauté internationale est inquiète du discours de l'armée de Birmanie évoquant la possibilité d'un coup d'État suite à des allégations de fraude lors des élections générales de novembre 2020. © Thet Aung/AFP

Plus d'une dizaine d'ambassades, dont celle des États-Unis et la délégation de l'Union européenne, ont exhorté, ce vendredi 29 janvier, la Birmanie à « adhérer aux normes démocratiques ». Ils rejoignent l'ONU dans un chœur d'inquiétudes internationales sur un possible coup d'État.

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La Birmanie est sortie il y a tout juste dix ans d'un régime militaire au pouvoir pendant presque un demi-siècle. La Constitution, rédigée par la junte, prévoit un partage des pouvoirs entre les civils et les généraux du pays. Mais depuis des semaines, la puissante armée n'a cessé de lancer des accusations d'irrégularités lors des élections générales de novembre 2020, remportées haut la main par la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti d'Aung San Suu Kyi, déjà au pouvoir.

Ils ont notamment réclamé de pouvoir vérifier les listes électorales, une demande appuyée par le porte-parole de l'armée mardi 26 janvier lors d'une conférence de presse où il n'a pas exclu une reprise en main du pays par les militaires pour faire face à ce qu'il a appelé une crise politique.

Les craintes ont encore grandi lorsque, mercredi 27 janvier, le chef de l'armée, le général Min Aung Hlaing — sans doute l'homme le plus puissant de Birmanie — a déclaré que la Constitution du pays pouvait être « révoquée » dans certaines circonstances.

L'ONU et les pays occidentaux inquiets par le discours de l'armée

La délégation de l'Union européenne et l'Ambassade américaine avec seize pays a publié, ce vendredi, une déclaration exhortant l'armée à « adhérer aux normes démocratiques ». «Nous attendons avec impatience la convocation pacifique du Parlement le 1er février, avec l'élection du président, et des chefs des deux assemblées », est-il écrit. « (Nous) nous opposons à toute tentative de modifier le résultat des élections ou d'entraver la transition démocratique en Birmanie. »

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a également exprimé « une grande inquiétude » face aux récents développements en Birmanie, a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué. « Il exhorte tous les acteurs à s'abstenir de toute forme d'incitation ou de provocation, à faire preuve de responsabilité, à adhérer aux normes démocratiques et à respecter le résultat de (l'élection) », a-t-il ajouté.

►À écouter aussi : Géopolitique, le débat - Birmanie: la crise des Rohingyas et le chemin vers la démocratie

Allégations de fraude

Les élections de novembre n'étaient que les deuxièmes élections démocratiques organisées en Birmanie depuis la fin du régime de la junte en 2011. Mais selon l'armée, il y a eu 8,6 millions de cas de fraude électorale dans tout le pays — une affirmation sur laquelle elle souhaite enquêter.

   La commission électorale a publié jeudi un communiqué affirmant que le scrutin avait été libre, juste et crédible, et avait « (reflété) la volonté du peuple ». Elle a nié les allégations de fraude électorale, mais a reconnu des « défauts » dans les listes électorales et a déclaré qu'elle enquêtait actuellement sur un total de 287 plaintes.

►À écouter aussi : Fréquence Asie - Élections législatives en Birmanie: les nombreux obstacles sur le chemin de la démocratie

(avec AFP)

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