Birmanie: «Des individus viennent dans nos quartiers pour semer la terreur»

Malgré le durcissement de la répression, les appels à la désobéissance civile continuent en Birmanie.
Malgré le durcissement de la répression, les appels à la désobéissance civile continuent en Birmanie. REUTERS - STRINGER

Face à une mobilisation massive qui ne faiblit pas plus de deux semaines après le coup d’État militaire, la junte militaire birmane accentue encore la répression. Sur les réseaux sociaux les témoignages se multiplient pour dénoncer des opérations intentionnelles. Le phénomène serait apparu il y a quelques jours après la libération par la junte de plusieurs milliers de prisonniers.

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Depuis quelques jours, les habitants de Rangoun et d’autres grandes villes du pays s'organisent contre la montée de l'insécurité, qui serait directement liée selon eux, à la libération de 23 000 prisonniers. Un guide touristique de Mandalay, deuxième plus grande ville du pays, confirme que des inconnus terrorisent la population dans leurs quartiers. « Tous les soirs nous avons du mal à dormir car des individus viennent dans nos quartiers pour semer la terreur, raconte-t-il. Après 20h ici, c’est le couvre-feu, personne n’a le droit de sortir. Comment se fait-il alors que ces personnes puissent venir dans nos quartiers ? Elles sont probablement amenées par la police ou les militaires. Elles essayent de mettre le feu et sont parfois munis d’un couteau ou d’une arme. »

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Pour mettre un terme à ces provocations et assurer leur sécurité les habitants s’organisent. « Certains résidents restent debout la nuit entière pour veiller à notre sécurité, explique-t-il. Et lorsque nous détectons des personnes étrangères à notre quartier qui cherchent à créer des problèmes, on s’organise tous ensemble pour les chasser. »

Le guide affirme aussi avoir vu des drones dans le ciel. Selon lui, aucun doute, ces drones appartiennent aux militaires qui les utilisent pour filmer les violences et ainsi justifier une plus importante présence militaire.

Encourager à la grève

Malgré le durcissement de la répression par l'armée, les appels à la désobéissance civile contre la junte continuent. « Toute notre attention se porte sur le mouvement de désobéissance civile. Le plus souvent nous nous rassemblons devant les banques publiques et les administrations pour tenter de convaincre les fonctionnaires de cesser le travail, rapporte le guide touristique. Ce que je peux vous dire c’est que la totalité des employés des banques privées ont déjà rejoint le mouvement, aussi bien à Mandalay qu’à Rangoun et dans la plupart des grandes villes. Les établissements bancaires privés sont fermés, il n’y a que les banques publiques qui fonctionnent encore. Les médecins nous ont également rejoints, je dirais 70% à 80% du personnel médical. Il y a aussi les cheminots du réseau ferroviaire public qui ont cessé le travail tout comme les pilotes d’avions. Certains fonctionnaires continuent de travailler et nous essayons de les convaincre – surtout les employés de la Banque centrale – de rejoindre le mouvement de désobéissance civile. »

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