Sept internautes arrêtés pour diffamation sur les «martyrs» de la frontière sino-indienne

Un convoi militaire indien au Ladakh en septembre 2020 (image d'illustration).
Un convoi militaire indien au Ladakh en septembre 2020 (image d'illustration). AP - Dar Yasin
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Chine, la répression se poursuit contre les internautes accusés de diffamer les « martyrs » morts dans les affrontements de juin dernier à la frontière entre la Chine et l’Inde. Sept personnes ont été arrêtées, alors que sur le terrain diplomatique, les deux pays envoient des signes d’apaisement.

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De notre correspondant à PékinStéphane Lagarde

En Chine, la répression se poursuit contre les internautes accusés de diffamer les « martyrs » morts dans les affrontements de juin dernier.

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En trois jours, sept personnes ont été arrêtées pour avoir « calomnié » les « héros de la frontière ». C’est ainsi que les médias d’état décrivent les interpellations menées aux quatre coins du pays : Chongqing, le port de Qinhuangdao, Guiyang, Maoming, Mianyang, Nankin et Pékin…

Et à chaque fois ou presque, il y a un même procès-verbal. La police dit avoir été alertée par des internautes choqués par des propos qui auraient manqué de respects aux 4 « martyrs », les 4 victimes officielles des affrontements sino-indiens de la nuit du 15 au 16 juin dernier. Après le blogueur Qiu Ziming, d’autres WeChatteurs « biens connus » répondant aux pseudos de « Zed », « Tang XX », « Spicy Pen Xiaoqiu », mais aussi des internautes commentant sous leurs vrai noms sont aujourd’hui en détention administrative.

Dans un régime où le parti se confond avec la patrie, c’est à la fois une manière de faire peur à celles et ceux qui viendraient contester le récit officiel et notamment le nombre des victimes. C’est aussi une manière d’éviter un retour de bâton des patriotes du clavier. Il a ainsi fallu attendre huit mois et le désengagement des troupes des deux pays avant que ne soit organisée une cérémonie d’hommages aux morts de l’armée populaire de libération.

À la différence des médias indiens, les médias chinois ont peu parlé des combats meurtriers de la vallée de Gallwan et autres terrains de confrontations entre les soldats des deux géants asiatiques, afin d’éviter d’exacerber les critiques des nationalistes en Chine.

Un nouveau signe d’apaisement est aussi intervenu entre la Chine et l’Inde. La diplomatie chinoise fait savoir ce mardi 23 février qu’elle soutient l’accueil du sommet des BRICS ( Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ) proposé par New Delhi. L’annonce intervient quelques jours après que les deux voisins ont accepté le désengagement des troupes à la frontière sino-indienne.

 

 

 

 

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