Un Nord-Coréen réussit à passer au Sud à la nage

Un poste de garde sud-coréen le long de la clôture barbelée de la zone démilitarisée (DMZ) séparant la Corée du Nord et la Corée du Sud, sur l’île sud-coréenne de Gyodong.
Un poste de garde sud-coréen le long de la clôture barbelée de la zone démilitarisée (DMZ) séparant la Corée du Nord et la Corée du Sud, sur l’île sud-coréenne de Gyodong. AFP

Un responsable sud-coréen a annoncé, ce mercredi 24 février, qu'un Nord-Coréen était parvenu à atteindre les côtes du Sud en nageant pendant six heures pour contourner une des frontières les plus militarisées au monde.

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L'homme, âgé selon les médias d'une vingtaine d'années, a touché terre au nord de Goseong, une ville de la côte Est de la Corée du Sud. Il avait enfilé une combinaison de plongée et des palmes pour contourner la Zone démilitarisée (DMZ).

Palmes et combinaison de plongée 

« Il a vraisemblablement nagé pendant environ six heures, vêtu d'une veste matelassée sous sa combinaison de plongée et portant des palmes. Ses habits l'ont aidé à rester au chaud et à le maintenir à flot », a déclaré un responsable de l'état-major interarmées cité par l'agence sud-coréenne Yonhap, qui n'a pas précisé son nom.

Les courants de marée ont joué en sa faveur, a-t-il observé, et il a abandonné tout son équipement avant d'emprunter une canalisation d'évacuation d'eau passant sous les barbelés interdisant théoriquement l'accès de la mer en cette partie du littoral. Les passages de la DMZ, truffée de clôtures de barbelés et de mines et arpentée par des milliers de militaires, et de la frontière maritime sont rares.

Défaillances dans la surveillance

Un exploit qui a suscité un déluge de critiques en Corée du Sud, car au cours de son odyssée, le fugitif est apparu huit fois sur les caméras de sécurité et par deux fois sa présence a déclenché des alarmes qui ont retenti. Mais il a fallu trois heures pour que les militaires sud-coréens le remarquent. Et encore trois heures pour parvenir à l'arrêter, alors qu'il s'était visiblement endormi.

Des responsables ont affirmé que cet homme, qui était vraisemblablement un civil, aurait exprimé le désir de faire défection. L'armée a reconnu que les militaires « n'avaient pas respecté les procédures », et promis de renforcer les dispositifs de surveillance. Lors d'une audition parlementaire, le ministre de la Défense Suh Wook a expliqué que les systèmes de surveillance dans ce secteur étaient « dépassés et fonctionnaient mal ».

On estime à environ 30 000 le nombre de Nord-Coréens qui ont fui la répression et la pauvreté dans leur pays pour passer au Sud depuis la fin de la Guerre de Corée (1950-1953). Mais ce chiffre est tombé à seulement 229 l'an passé, du fait de la stricte fermeture des frontières ordonnée par Pyongyang pour lutter contre le coronavirus.

(avec AFP)

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